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Les banques regagnent enfin de l'argent, malgré les taux bas

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- - LOIC VENANCE / AFP

Le secteur bancaire est visiblement sorti d'une mauvaise passe. C'est en tous cas ce qui ressort des résultats du Crédit Agricole. Les revenus dans la banque de détail se redressent et ce, malgré des taux d'intérêts toujours très bas. Une tendance qui devrait rapidement profiter à l'ensemble du secteur.

C'est un tournant pour les banques françaises. Les revenus sont enfin en train de repartir à la hausse malgré les taux d'intérêt très bas. Au Crédit Agricole en tous cas, la tendance est très nette. Entre juillet et fin septembre, le produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires pour une banque) a progressé de 5% sur un an à 4,8 milliards d'euros. Le bénéfice net sur la période progresse lui de 3,2%.

Tous les métiers du groupe ont contribué à cette progression, à l'exception du pôle Services financiers spécialisés (crédit-conso, crédit-bail, affacturage, etc.), dont le bénéfice net a stagné sur un an dans un « contexte de marché plus difficile », souligne la banque.

Mais ce qui est le plus intéressant dans cette publication, c'est que toutes les autres activités repartent, même la banque de détail, alors qu'elle était durablement lestée par les taux bas qui l'empêchaient de gagner de l'argent. Crédit Agricole annonce une hausse de 1% de ses revenus au sein de son réseau d'agences. La tendance est encore plus nette dans sa filiale LCL (+2% de revenus), pourtant en souffrance l'an passé.

Les efforts de restructuration paient

Si les banques semblent enfin tirée de cette mauvaise passe, c'est d'abord parce que l'intense période de renégociation des crédits immobiliers est enfin révolue. Mais c'est aussi parce que les banques ont réduit leurs coûts et que ces efforts commencent enfin à payer. A cela s'ajoute une activité dynamique. Les activités de proximité se portent « bien sur le plan de la conquête commerciale » se félicite Philippe Brassac, directeur de Crédit Agricole SA.

Au final, tous les ingrédients sont réunis pour que les banques retrouvent enfin de la rentabilité. C'est une véritable « inflexion pour la croissance des revenus » ajoute Philippe Brassac qui résume : « Même si les taux ne remontaient pas, nous serions capables de retrouver de la rentabilité ».