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Laurent Berger dénonce les entreprises qui profitent de la crise pour licencier en masse

Pour le secrétaire général de la CFDT, des entreprises comme Nokia ou Vivarte, qui ont annoncé des plans de suppressions de postes importants, profitent de la crise pour supprimer plus d'emplois que nécessaire.

Nokia, ADP, Celio, Naf Naf... La liste des entreprises qui annoncent des plans sociaux s'allonge chaque jour. Pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, il est temps de tirer la sonnette d'alarme car si certaines "souffrent réellement de la crise sanitaire", pour d'autres c'est un effet d'aubaine.

"Il y a différents cas de figure. Il y a des entreprises qui souffrent car il y a eu le Covid. Et il y a des entreprises qui utilisent d'une certaine manière cette période là pour faire des plans sociaux qui sont inacceptables. C'est le cas de Nokia", dénonce ce mardi Laurent Berger sur BFM Business.

L'entreprise de télécommunication, depuis le rachat d'Alcatel-Lucent par le groupe finlandais en 2016, s'était engagée à maintenir l'emploi en France jusqu'en juin 2020, rappelle le leader syndical. Nokia vient d'annoncer qu'il allait supprimer 1.233 postes dans sa filiale française Alcatel-Lucent International, soit un tiers des effectifs. 

"A peine au 1er juin, elle annonce que les jeunes ingénieurs qu'elle avait embauché, elle va les mettre dehors. Ce n'est pas acceptable, on ne peut pas jouer au yo-yo avec les salariés de cette manière là", regrette Laurent Berger.

"Des bénéfices pour quelques uns"

Dans le cas de Vivarte, propriétaire des marques Caroll, Minelli ou encore La Halle, la situation est liée selon lui à de mauvaises décisions financières et à un endettement trop lourd. L'enseigne de chaussures et de vêtements La Halle est placée en redressement judiciaire depuis le 2 juin. Le groupe Vivarte a reçu 25 offres de reprise partielle, ce qui permettrait de sauver théoriquement jusqu'à 607 magasins sur 830 et de préserver près de 4.036 emplois.

"C'est un groupe qui a utilisé une financiarisation de son entreprise pour tirer des bénéfices pour quelques uns et laissé des milliers de salariés sur le carreau", s'insurge Laurent Berger.

Des situations à l'opposé du secteur aérien, comme ADP, qui a souffert de la baisse d'activité ou d'autres secteurs déjà structurellement affaiblis, comme le textile, cite en exemple le secrétaire général. 

Coralie Cathelinais