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Jours fériés : ce qu’ils coûtent vraiment à l’économie française

Les départs en France métropolitaine ont concerné 80% des Français partis.

Les départs en France métropolitaine ont concerné 80% des Français partis. - Alexas-Photos- CC

Les ponts de mai, un ralentissement assuré de l’économie française ? Pas si sûr, indique Emmanuel Lechypre.

Quel est le véritable impact de ces ponts du mois de mai ? Pour commencer, il faut d’abord comprendre la spécificité française. En France, le jour chômé est le jour férié lui-même, contrairement à d’autres pays où le jour chômé correspond au lundi ou au vendredi qui suit ou précède la vraie date du jour férié. Cela fait une différence car, en fonction des années, le calendrier fluctue pour les jours chômés en France.

Et cela rend l’économie un peu plus cyclique avec des impacts positifs ou négatifs qui peuvent jouer à hauteur de 0,1 à 0,2 point de PIB en plus ou en moins, ce n’est pas neutre ! 2017, c’est presque -0,2 point tandis qu’en 2016, c’est presque +0,1 point.

2019, impact quasi-nul

On pense souvent aux nombreux ponts du mois de mai lorsqu’on se pose cette question. Et c’est que le mois de mai peut être inférieur jusqu’à 10 % à un mois normal dans certaines activités.

D’autant plus que l’impact économique dépend aussi du jour de la semaine. Parce que figurez-vous que tous les jours fériés ne se valent pas ! Un lundi ou un vendredi, ce sera moins important qu’un mardi ou un jeudi, selon l’Insee. Et parmi ces jours de milieu de semaine, le mercredi pèse plus lourd que les autres !

Mais ce qui compte, plus largement, c’est le nombre de jours fériés sur l’ensemble de l’année. En 2019, c’est un jour férié de moins qu’une année moyenne où on travaille 252 jours donc, au final, cela aura un impact quasiment nul sur la croissance.

Vases communicants…

D’autant plus, qu’il existe aussi des effets de compensation. Ces ponts pénalisent certains secteurs mais profitent à d’autres. C’est très bon pour l’hôtellerie et le tourisme en général par exemple, mais pas sûr que ce soit bon pour les cinémas ou les théâtres.

L’effet de vases communicants est d’ailleurs perceptible aussi au sein de chaque secteur : les restaurants du bord de mer vont gagner en partie ce que vont perdre les restaurants des centres-villes. Dans l’automobile, les concessionnaires estiment que la période est défavorable à la vente de véhicules, mais qu’elle correspond à un pic pour les activités de dépannage et de service après-vente.

Et puis surtout, dans beaucoup de secteurs, il y a en réalité un lissage de l’activité sur l’ensemble de l’année. C’est vrai pour la distribution : si on ne fait pas ses courses le 1er mai, on les fait la veille ou le lendemain. Dans les bureaux, les dossiers sont traités, là encore, la veille ou le lendemain, mais sont traités quand même. Les usines, elles-aussi, compensent en augmentant les cadences les autres jours, et c’est d’autant plus facile dans les périodes de croissance faible quand les capacités de production tournent globalement au ralenti.