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Syrie: Lafarge a demandé le renvoi de son interrogatoire prévu mardi

Lafarge demande le renvoi de son interrogatoire

Lafarge demande le renvoi de son interrogatoire - FRANCK FIFE / AFP

La démission récente du PDG du groupe rendrait la tenue de cet interrogatoire impossible selon une source proche du dossier alors que les juges envisageaient la mise en examen de Lafarge SA pour "financement d'une entreprise terroriste" et "complicité de crimes contre l'humanité".

Lafarge SA a demandé le renvoi de son interrogatoire prévu mardi chez les juges d'instruction, qui envisageaient sa mise en examen dans l'affaire de financement de terrorisme présumé en Syrie, son PDG ayant annoncé récemment sa démission, a-t-on appris ce lundi de source proche du dossier.

Saad Sebbar, PDG de Lafarge SA, la holding actionnaire à 98% de la filiale syrienne mise en cause dans l'enquête, devait représenter la société mardi lors de cette convocation cruciale devant la justice. La juge d'instruction, Charlotte Bilger, envisageait en effet de mettre en examen cette structure juridique, notamment pour "financement d'une entreprise terroriste", "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" et "complicité de crimes contre l'humanité", en tant que personne morale.

Mais la démission du représentant légal de Lafarge SA, intervenue fin mai, empêche de fait la tenue de cet interrogatoire, le conseil d'administration n'ayant pas pu nommer son remplaçant dans les temps, selon la source proche du dossier. Contacté par l'AFP, le groupe LafargeHolcim n'a fait aucun commentaire. La société Lafarge SA va convoquer une assemblée générale et s'est engagée à disposer d'un directeur général qui pourra la représenter devant les juges avant fin juin, a précisé la source proche du dossier.

Huit anciens cadres ou dirigeants mis en examen

Le groupe français Lafarge, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015, est suspecté d'avoir versé, entre 2011 et 2015, plus de 12 millions d'euros au profit de factions armées, dont le groupe jihadiste Etat islamique, via des intermédiaires, pour maintenir l'activité d'une usine malgré le conflit qui menaçait l'usine et ses employés. Ces sommes recouvraient notamment le paiement de taxes pour assurer le passage des employés ou des achats de matières premières, dont du pétrole.

Huit anciens cadres ou dirigeants du groupe ont déjà été mis en examen notamment pour "financement d'une entreprise terroriste", dont Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015. Une neuvième personne, une ex-DRH de Lafarge, est, elle, mise en cause pour le seul délit de "mise en danger délibérée de la vie d'autrui".

Récemment, l'ONG partie civile dans ce dossier, Sherpa, avait écrit aux juges pour demander que le chef d'accusation de "complicité de crimes contre l'humanité" soit également retenu à l'encontre de Lafarge SA.

P.L avec AFP