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Navires Mistral: comment Moscou a profité de la volte-face de Hollande

Les deux navires Mistral ont finalement été vendus à l'Égypte.

Les deux navires Mistral ont finalement été vendus à l'Égypte. - Jean-Sébastien Evrard

Si la Russie n’a jamais reçu les deux porte-hélicoptères commandés à la France, le pays s’apprête à construire ses propres navires grâce au savoir-faire tricolore.

L’opération a tout d'un fiasco. Alors que la France avait, en 2015, finalement décidé de ne pas livrer à la Russie les deux navires Mistral que celle-ci avait commandés, il semblerait que Moscou ait tiré tous les bénéfices de cette volte-face.

C’est en tout cas ce que laissent entendre les propos, rapportés par Le Canard enchaîné, d’Alexey Rakhmanov. Le président des chantiers navals russes (OSK) s’est en effet félicité, le 29 décembre dernier, d’avoir acquis le "savoir-faire" français. "Si l’on tient compte du fait que la France a restitué à la Russie l’argent payé pour la construction des navires, ce savoir-faire nous a été transmis pour rien", a-t-il ainsi ironisé.

Résultat: OSK s’apprête à construire ses propres porte-hélicoptères, qui devraient ressembler comme deux gouttes d’eau au Mistral.

La Pologne contrarie les plans du gouvernement

Pour rappel, les deux navires, commandés en 2010, avaient été construits sur les chantiers de Saint-Nazaire, en collaboration avec leurs homologues russes d’OSK. Le conflit ukrainien, lors duquel Paris avait pris position contre la Russie, avait ensuite poussé François Hollande à suspendre - pour finalement annuler - la livraison des deux navires à Moscou.

Selon Le Canard enchaîné, cette décision devait permettre de vendre à la Pologne - également en froid avec la Russie - plusieurs hélicoptères Caracal d’Airbus, pour 3 milliards d’euros environ. Sauf que le nouveau gouvernement conservateur, à la surprise générale, a décidé de rompre les négociations, préférant à Airbus l'américain Lockheed-Martin et l'italo-britannique Agusta-Westland. Avec, à la clé, une mini crise diplomatique entre Paris et Varsovie.

Si la France a finalement trouvé un acquéreur pour ses deux navires Mistral, en l’occurrence l’Égypte, le gouvernement se serait surement bien passé de cet épisode dont il semble être le grand perdant.

Y.D.