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Mistral: la facture est désormais connue

L'exécutif avait promis que le coût total de la non livraison du Mistral s'élèverait à moins de 1 milliard d'euros

L'exécutif avait promis que le coût total de la non livraison du Mistral s'élèverait à moins de 1 milliard d'euros - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Selon le projet de loi transposant l'accord trouvé entre Moscou et Paris, la non-livraison des deux navires de type Mistral va donner lieu à un remboursement de 949,7 millions d'euros.

Le voile est désormais levé sur l'ardoise. La France va ainsi rembourser 949,7 millions d'euros à la Russie après la non-livraison à Moscou de deux navires de guerre de type Mistral sur fond de crise ukrainienne. C'est ce qu'indique le projet de loi posté sur le site de l'Assemblée nationale permettant de transposer l'accord trouvé entre les deux pays.

En vertu de cet accord conclu le 5 août entre Paris et Moscou, le gouvernement français va verser aux autorités russes "la somme convenue de 949 754 849 euros", précise le texte présenté par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Bataille de chiffres

Le gouvernement français avait indiqué que le coût pour la France serait inférieur à un milliard d'euros mais n'en avait pas jusqu'ici dévoilé le montant exact. La somme annoncée correspond aux avances versées par la Russie pour l'acquisition des deux navires, dont le prix d'achat s'élevait à 1,2 milliard d'euros.

L'hebdomadaire satirique français Le Canard Enchaîné a affirmé pour sa part que la facture grimperait à deux milliards d'euros en ajoutant une série de coûts annexes (frais de modification et de gardiennage des navires, annulation du contrat de maintenance..), ce qu'a démenti le ministre des Finances Michel Sapin.

Un député de l'opposition, Thierry Mariani (Les Républicains), a évalué de son côté l'addition autour de 1,5 à 1,6 milliard d'euros si l'on tient compte notamment du coût de "dérussification" des navires, c'est-à-dire le retrait des équipements aux normes russes.

Une fois les 949,7 millions d'euros versés et les équipements militaires russes intégrés aux bateaux restitués, la France "disposera de ces deux bâtiments librement, y compris en vue de leur exportation (..) sous réserve d'en informer préalablement par écrit la partie russe", note également le projet de loi.

L'Egypte sur les rangs?

Le texte, qui doit autoriser "l'approbation de l'accord sous forme d'échange de lettres entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Fédération de Russie", sera examiné en commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale le 15 septembre et en séance plénière le 17.

Paris a engagé des négociations pour céder les deux Bâtiments de projection et de commandement (BPC) à d'autres pays. Selon un responsable français s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'Égypte mène des discussions avec "une partie du financement (qui) viendra de pays du Golfe". D'autres pays seraient sur les rangs parmi lesquels le Canada et l'Inde. La Malaisie a démenti en revanche mardi avoir engagé des discussions.

J.M. avec AFP