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Michelin continue d'investir dans la production de caoutchouc naturel

Le caoutchouc est essentiel pour la production de pneus: 60 à 70% de la production mondiale est aujourd'hui absorbée par l'industrie pneumatique.

Le caoutchouc est essentiel pour la production de pneus: 60 à 70% de la production mondiale est aujourd'hui absorbée par l'industrie pneumatique. - Christophe Archambault-AFP

Propriétaire au Brésil de 2000 hectares d'hévéas produisant du latex, base du caoutchouc, Michelin rachète un exploitant de 40.000 hectares d'hévéas en Afrique avec un groupe ivoirien. Le groupe a toujours misé sur l'intégration, investissant aussi en aval dans la vente de pneus.

Michelin fait exception parmi les grands acteurs du pneu en possédant des plantations d'hévéas produisant le latex qui donne le caoutchouc naturel. Soucieux de sécuriser la production de cet élément essentiel pour le pneu, l'industriel va acquérir, via une offre publique d’achat simplifiée, de concert avec le groupe ivoirien Sifca, la Société Internationale de Plantations d’Hévéas (SIPH). Ils en détenaient déjà ensemble 79,40% du capital et 88,22% des droits de vote.

SIPH exploite plus de 40.000 hectares d'hévéas matures dans quatre pays d'Afrique (Côte d'Ivoire, Ghana, Nigéria et Liberia), dans une dizaine d'usines qui ont produit quelque 220.000 tonnes de caoutchouc en 2016.

L'Afrique produit 5% du caoutchouc naturel dans le monde

L'Afrique, où SIPH est implantée, ne représente que 5% de la production mondiale de caoutchouc. Mais ce rachat assure à Michelin une diversification de ses approvisionnements alors que l'Asie du sud-est assure 90% des quelque 12 millions de tonnes de caoutchouc naturel produits chaque année dans le monde, avec la Thaïlande comme premier producteur avec 37% devant l'Indonésie (26%) et le Vietnam (9%).

Cette matière première est essentielle pour la production de pneus, ce qui explique l'intérêt historique de Michelin: 60 à 70% de la production mondiale de caoutchouc est aujourd'hui absorbée par l'industrie pneumatique.

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- © Source: Michelin

Acteur depuis des décennies de la filiale hévéicole, le groupe de Clermont-Ferrand possède toujours une plantation expérimentale de 2000 hectares à Bahia, au Brésil. Il y réalise des recherches en vue d’améliorer le rendement et la qualité de la production. L'industriel a par ailleurs acquis avec le groupe indonésien Barito Pacific Group, 88.000 hectares de terres en Indonésie pour y développer une plantation d’hévéas qu'il veut exemplaire, tant sur le plan environnemental que sociétal.

L'exploitation d'hévéas reste néanmoins très éloignée du quotidien industriel du numéro un mondial du pneu. Ce marché reste soumis aux aléas climatiques propres aux productions agricoles. Il faut notamment attendre sept ans avant qu'un hévéa produise sa première "saignée" de latex sans compter les crises, ou les "bulles" spéculatives qui peuvent agiter ce marché.

Michelin a investi dans plusieurs sites internet marchands

Le souci de sécuriser en amont son approvisionnement en caoutchouc naturel va de pair avec la volonté de Michelin de garder, en aval, un oeil sur la distribution directe de ses pneumatiques. Une véritable stratégie d'intégration verticale bâtie à coups de croissance externe.

À partir du rachat en 1990 de trois réseaux en France de négociants en pneus, la firme de Clermont-Ferrand a lancé en 1992 Euromaster. D'abord spécialisée dans le montage des pneumatiques, la chaîne a élargi en 2012 son offre de services en proposant l'entretien courant des véhicules. 

La montée en puissance des sites d'e-commerce vendant des pneus aux particuliers l'a amené à racheter le britannique Blackcircles.com, puis à investir dans le site français Allopneus, dont il a pris 40% du capital ainsi que dans Popgom, un pionnier français de la vente en ligne de pneumatiques.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco