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Le plan du ministère des Transports pour "sauver" les petites lignes SNCF

Les petites lignes SNCF représentent un peu plus de 9000 km ouverts aux voyageurs, soit 32% du réseau national.

Les petites lignes SNCF représentent un peu plus de 9000 km ouverts aux voyageurs, soit 32% du réseau national. - Pascal Pavani-AFP

Selon le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, un "plan d'action concerté" devrait être signé d'ici à la mi-février avec les régions et SNCF Réseau. L'enjeu: préserver le maximum de petites lignes de desserte fine du territoire.

Les petites lignes SNCF vont être l'objet d'un plan d'investissement visant à préserver leur existence et leur exploitation au service des voyageurs. Des "plans d'actions régionaux" doivent être signés "avant le 15 février" avec les exécutifs régionaux "pour lesquels les travaux sont suffisamment matures et qui sont volontaires", a détaillé le secrétaire d'État, Jean-Baptiste Djebbari lors d'un débat sur les trains régionaux au Sénat.

Il a évoqué "plusieurs milliards d'euros" d'investissement dans le cadre d'un plan d'action concerté qui devra être signé dans les prochaines semaines avec les régions et SNCF Réseau. Il s'agit de "préserver le maximum de nos petites lignes de desserte fine du territoire", a-t-il relevé, sachant que la SNCF n'a pas les moyens d'entretenir et de rénover l'ensemble de ces lignes.

9000 kilomètres de petites lignes quadrillent la France

Ces petites lignes qui représentent un peu plus de 9000 km ouverts aux voyageurs - soit 32% du réseau national - seront concrètement classées en trois catégories, a expliqué le secrétaire d'État.

Il y aura celles qui "présentent un caractère structurant pour le territoire", celles dont la rénovation est prévue dans les contrats actuels de plan Etat-régions et les autres, dont les régions devront décider du sort et sur lesquelles elles pourront mener des "expérimentations", "avec des solutions innovantes et adaptées à chaque ligne en termes techniques et de gouvernance". La nouvelle Loi d'orientation des mobilités (LOM) permet notamment aux régions de récupérer la gestion de certaines voies ferrées, a-t-il remarqué.

Un rapport sur les petites lignes qui restera confidentiel

"En parallèle, je souhaite que l'État impulse la création d'une véritable filière des trains légers pour redonner aux TER la place qu'ils méritent, y compris sur les dessertes fines du territoire", a déclaré Jean-Baptiste Djebbari, évoquant aussi des infrastructures et une signalisation plus adaptées.

Si ces actions découlent de l'audit commandé l'an dernier par le gouvernement au préfet François Philizot, le secrétaire d'État est resté sourd aux demandes de plusieurs sénateurs qui lui demandaient de publier ce rapport, resté confidentiel malgré les promesses de l'exécutif. "Le temps n'est plus aux rapports, le temps est à l'action", a-t-il lancé.

La ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne - alors chargée des transports - avait chargé en janvier 2019 ce haut fonctionnaire de réaliser un diagnostic complet des petites lignes et de proposer des solutions au cas par cas. Ses conclusions devaient à l'origine être remises au Parlement avant la fin juin 2019, conformément à la loi de réforme ferroviaire adoptée un an plus tôt.

Frédéric Bergé avec AFP