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La fusion entre Linde et Praxair confrontée à de nouvelles embûches

Cette fusion doit donner naissance dans la seconde partie de l'année 2018 au numéro un mondial des gaz industriels. Mais les nouvelles exigences des autorités américaines pourraient alourdir la note et faire capoter le projet.

Le fabricant de gaz industriel allemand Linde a prévenu que sa méga-fusion avec l'américain Praxair se heurtait à un obstacle majeur, après de nouvelles exigences des autorités américaines de la concurrence. Le feu vert au rapprochement des deux groupes pourrait nécessiter des efforts "plus onéreux qu'attendu auparavant," a indiqué Linde dans un communiqué samedi soir.

Cette fusion évaluée à 68 milliards d'euros et annoncée en décembre 2016 doit donner naissance au numéro un mondial des gaz industriels, détrônant le français Air Liquide. Elle devra être bouclée d'ici au 24 octobre, selon le droit allemand.

Des engagements de désinvestissement en plus

Linde explique avoir été notifié que "la Commission fédérale du Commerce des Etats-Unis a exprimé des attentes concernant d'autres engagements de désinvestissement et acheteurs potentiels, jugés nécessaires en vue de l'approbation de la fusion".

A la mi-juillet, le groupe allemand avait déjà cédé une grande partie de ses actifs américains pour tenter de satisfaire les autorités de la concurrence. Linde a ainsi vendu à l'allemand Messer et au luxembourgeois CVC un paquet d'actifs d'une valeur de 2,8 milliards d'euros, soit la majeure partie de ses activités aux Etats-Unis, au Brésil, en Colombie et au Canada.

Début juillet, Praxair avait annoncé de son côté la cession à son concurrent japonais Taiyo Nippon Sanso de ses activités européennes en vue du mariage avec Linde.

En attende de l'accord de la Commission européenne

Les nouvelles exigences des autorités américaines "pourraient excéder le seuil fixé" par l'accord conclu entre Linde et Praxair, poursuit le groupe allemand. Selon cet accord cité par Bloomberg News, les deux groupes peuvent renoncer à la fusion si les autorités de régulation exigeaient des cessions d'actifs valant plus de 3,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires ou 1,1 milliard de dollars d'excédent brut d'exploitation (Ebitda).

La Commission européenne s'est donné jusqu'au 9 août pour approuver ou non le mariage Praxair-Linde et le gendarme américain doit se prononcer d'ici à l'automne.

La fusion des deux entreprises est toujours prévue pour être bouclée "dans la seconde partie de l'année 2018", avait confirmé le groupe industriel allemand fin juillet lors de la présentation de ses résultats.

Linde avait déjà renoncé en septembre 2016 à une première tentative de fusion avec Praxair, faute d'accord sur les modalités pratiques du rapprochement.

L.M. avec AFP