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Industrie: 17 usines créées en France depuis 2015 grâce à l'aide du fonds public SPI

Bpifrance

Bpifrance - AFP

550 millions d'euros auront été investis dans l'Hexagone grâce au fonds public SPI lancé en 2015 par Bpifrance.

Le fonds public SPI (sociétés de projets industriels) créé en 2015 par Bpifrance a permis d'investir quelque 550 millions d'euros et de construire en France 17 usines dans des domaines innovants, a indiqué ce mercredi la banque publique d'investissement. SPI a financé des start-up à la recherche de fonds pour lancer leur première usine de fabrication, mais aussi des PME désireuses de moderniser leurs installations en France, avec pour règle de toujours rester minoritaire au capital.

Ce fonds public, destiné à réindustrialiser la France et à permettre aux start-up innovantes d'éviter la "vallée de la mort" lorsqu'elles ont de gros besoins en capitaux et ne trouvent aucun investisseur, est clôturé au bout de six ans d'activité. "Nous n'avons pas trouvé d'équivalent à notre action en soutien à l'industrie ailleurs en Europe et nous sommes régulièrement sollicités par des banques de développement pour étudier notre modèle de soutien" a déclaré Magali Joessel, directrice du fonds SPI lors d'une conférence de presse.

"Nous aimons bien être sollicités par des acteurs britanniques qui nous demandent comment nous avons fait en matière de capital-investissement" a ajouté Pascal Werner, directeur du programme du Secretariat général pour l'investissement.

"On peut sans doute faire un peu plus"

Depuis sa création, le fonds est sorti de quatre de ses premiers investissements. Mais, avec une durée de vie de 16 ans, il se dit capable de soutenir même ses investissements les plus récents sur une durée suffisamment longue pour leur permettre leur envol. Giorgio Anania, PDG de la start-up Aledia, qui vient de poser la première pierre de son usine de Led à Grenoble, a salué l'action de SPI tout en évoquant un besoin "beaucoup plus important" de capitaux. "Pourquoi le fonds n'a-t-il pas 8 milliards d'euros?" a-t-il dit, "c'est toute l'industrie européenne qui est sous-financée".

"On peut sans doute faire un peu plus, et on essaiera de le faire" dans un futur éventuel SPI2, lui a répondu Pascal Werner. "Mais dans le contexte actuel, je ne suis pas sûr d'obtenir huit milliards d'euros si je le demande" a-t-il ajouté. Magali Joessel a indiqué qu'un futur fonds "resterait dans l'approfondissement des filières" explorées par SPI.

Le fonds a notamment permis l'éclosion de tout un écosystème de start-up de chimie verte (Carbiolice, METabolic EXplorer, Afyren..) qui produisent des molécules biosourcées en remplacement de molécules issues de la pétrochimie ou s'attaquent au recyclage du plastique.

"Au début, on a noté une forme de condescendance de l'industrie chimique traditionnelle envers cette filière de chimie verte vue comme un marché de niche, mais devant l'appétit des clients pour des produits biosourcés, nous voyons maintenant que l'industrie chimique commence à regarder le sujet d'un oeil nouveau" s'est réjouie Magali Joessel.
P.L. avec AFP