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Honda annonce la fermeture de son usine au Royaume-Uni, 3500 emplois menacés

Inauguration de l'usine Honda de Swindon en 2009.

Inauguration de l'usine Honda de Swindon en 2009. - Max Nash - AFP

Le constructeur prévoit la fermeture du site pour 2022. Cette décision serait motivée par le contexte automobile mondial et pas au Brexit. Honda entendrait regrouper sa production européenne au Japon.

Le constructeur automobile japonais Honda va fermer son usine de Swindon au Royaume-Uni en 2022, ce qui menace 3500 emplois et constitue un nouveau coup dur pour le pays à l'approche du Brexit, a affirmé lundi un député britannique.

La fermeture de l'usine située dans le sud-ouest du pays a été révélée par Sky News et la BBC, puis confirmée implicitement par le député conservateur de la région de Swindon, Justin Tomlison, sur son compte Twitter.

Ce dernier explique avoir été informé par Honda de la décision qui est, selon lui, justifiée par le contexte automobile mondial et n'est pas liée au Brexit. Le groupe japonais entendrait regrouper sa production européenne au Japon en 2021.

Le député précise qu'il ne s'attend pas à un impact sur l'emploi ou sur la production d'ici la fermeture prévue de l'usine, qui produit la berline Civic. "A ce stade, nous ne sommes pas en mesure de faire de commentaires concernant ces spéculations", a indiqué un porte-parole de Honda dans un communiqué transmis à l'AFP. "Nous prenons très au sérieux nos responsabilités envers nos employés et communiquerons toujours à eux en premier toute nouvelle importante".

Le secteur automobile secoué au Royaume-Uni

Le groupe devrait annoncer sa décision d'ici mardi matin, indique la presse. Selon Sky News, Honda va par ailleurs maintenir au Royaume-Uni son siège européen situé à Bracknell (sud-ouest de l'Angleterre) et son équipe de Formule 1.

La décision de fermer le site de Swindon est un nouveau camouflet pour le gouvernement britannique qui se bat pour maintenir l'attractivité du pays malgré le brouillard du Brexit et les inquiétudes des milieux industriels quant à une sortie de l'UE sans accord.

Début février, le japonais Nissan avait créé la stupeur en renonçant à produire le crossover X-Trail, dans son usine de Sunderland (nord-est de l'Angleterre), évoquant alors indirectement le Brexit.

Fin janvier, Airbus avait averti de décisions "très douloureuses" en cas de Brexit sans accord, tandis que le géant de l'électronique japonais Sony a décidé de transférer son siège européen aux Pays-Bas.

Hormis le Brexit, le secteur automobile au Royaume-Uni est secoué par de nombreux défis, avec la désaffection du diesel face à une réglementation plus dure, ou encore le ralentissement du marché chinois.

Le constructeur britannique Jaguar Land Rover avait annoncé en début d'année la suppression de 4500 emplois soit 10% de ses effectifs. Et l'américain Ford va supprimer plus de 1000 emplois dans le pays dans le cadre d'une vaste restructuration de ses activités en Europe.

Jean-Christophe Catalon avec AFP