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Fusion avec Fiat-Chrysler: Renault tente de rassurer Nissan et Mitsubishi

Les dirigeants de Renault, Nissan et Mitsubishi lors d'une réunion le 12 avril 2019.

Les dirigeants de Renault, Nissan et Mitsubishi lors d'une réunion le 12 avril 2019. - AFP PHOTO / RENAULT SAS / OLIVIER MARTIN-GAMBIER

Les dirigeants de Renault ont tenté mercredi de rassurer leur partenaire japonais Nissan, après l'annonce d'un projet de mariage entre le groupe français et le constructeur italo-américain Fiat Chrysler (FCA) qui, s'il aboutit, bouleversera l'alliance.

Comment Nissan et Mitsubishi ont-ils vécu l'officialisation du projet de mariage de Renault avec Fiat-Chrysler (FCA)? Si depuis l'arrestation de Carlos Ghosn en novembre dernier, les relations sont clairement tendues entre le groupe français et ses alliés japonais, un conseil opérationnel avait lieu ce mercredi au Japon pour clarifier les enjeux des négociations en cours.

"Discussions franches et transparentes"

"Il y a eu des discussions franches et transparentes sur la récente proposition de FCA à Renault", selon un bref communiqué publié à l'issue de la réunion qui s'est déroulée au siège de Nissan à Yokohama, dans la banlieue de Tokyo.

A son arrivée mardi à l'aéroport, le président du conseil d'administration de Renault, Jean-Dominique Senard, avait livré un message d'optimisme.

"Je pense que tous ces événements récents sont très bons pour l'alliance, et je vais veiller à ce que Nissan et Mitsubishi en tirent pleinement parti", avait déclaré le nouveau pilote du partenariat automobile franco-japonais.

Fiat Chrysler a présenté lundi une proposition de fusion avec Renault, afin de donner naissance au troisième groupe mondial du secteur (hors Nissan et Mitsubishi).

L'opération pose de nombreuses questions sur l'avenir de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, née en 1999 et déjà fragilisée par l'éviction de son bâtisseur Carlos Ghosn, à la suite de son arrestation en novembre au Japon.

"Nous pensons que les bénéfices (...) s'étendront aussi aux partenaires de l'alliance, Mitsubishi et Nissan", a estimé le patron de FCA Mike Manley.

Quelle évolution pour l'alliance?

En comptant Nissan et Mitsubishi, la fusion créerait un ensemble de près de 16 millions de véhicules - loin devant le colosse allemand Volkswagen (10,6 millions) et Toyota (10,59 millions) -, en position de force pour aborder les mutations de l'industrie automobile, en particulier avec les défis de l'électrification, de la conduite autonome ou encore des véhicules connectés.

Chez Nissan, qui s'interroge sur ce que sera sa place dans ce nouvel attelage, l'annonce de Fiat-Chrysler a initialement été accueillie avec réserve, voire scepticisme pour certains, alors que le constructeur japonais venait de rejeter une offre de rapprochement avec Renault pour se concentrer sur son redressement.

Face à la presse, son patron Hiroto Saikawa s'est dit plutôt ouvert à l'idée, jugeant qu'une extension du partenariat actuel pouvait être positive. "Mais je veux regarder de près le projet en ayant à coeur les intérêts de Nissan", a-t-il dit avant la réunion, selon des propos rapportés par les médias locaux.

Prendre un nouveau départ

Il s'agissait du deuxième conseil opérationnel de l'alliance, une structure créée en mars pour tenter de prendre un nouveau départ après le tumulte du scandale Ghosn. Il s'était réuni une première fois le 12 avril à Paris.

Cette gouvernance collégiale est composée, en plus de Jean-Dminique Senard, du directeur général exécutif de Renault, Thierry Bolloré, et des patrons de Nissan et Mitsubishi Motors, Hiroto Saikawa et Osamu Masuko.

Par ailleurs, devant les critiques, Hiroto Saikawa, ancien fidèle de Carlos Ghosn qui a tourné casaque, a récemment annoncé aux investisseurs qu'il allait réduire de moitié sa rémunération cette année pour n'avoir pas su empêcher les malversations financières présumées que le groupe reproche aujourd'hui au magnat de l'automobile déchu.

Julien Bonnet avec AFP