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Comment Michelin veut se diversifier en dehors du pneu en France

Florent Menegaux, président du groupe Michelin, pose le 22 septembre 2020 à Paris

Florent Menegaux, président du groupe Michelin, pose le 22 septembre 2020 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP

Invité sur BFM Business, le patron de Michelin, qui a annoncé 2300 suppressions de postes en France, veut se diversifier en dehors du pneu et assure qu'il ne compte pas sacrifier la France à ses nouvelles ambitions.

Dans 10 ans, 30% de l'activité de Michelin se situera dans un autre de domaine que le pneumatique. C'est l'objectif de Florent Menegaux, le président de Michelin, qui était invité ce jeudi sur BFM Business.

"Vous verrez Michelin dans des domaines où vous ne l'attendez pas, promet le patron du plus grand fabricant de pneus français. Notre raison d'être c'est de donner à chacun une meilleure façon d'avancer [...]. Et ce n'est pas une transformation, c'est plutôt un retour aux origines."

Florent Menegaux rappelle ainsi que dans son histoire Michelin a fabriqué des trains (les Michelines), des avions ou encore des voitures avec Citroën. Si la société ne compte pas fabriquer à nouveau des voitures, elle compte se diversifier dans les piles à hydrogène, le médical ou encore les imprimantes 3D métal.

Une diversification que le groupe juge nécessaire pour continuer à croître et qui passera par la France. Malgré l'annonce ce mercredi de 2300 suppressions de postes dans le pays, Michelin assure que notre pays jouera un rôle essentiel dans le développement de ces nouvelles activités.

"La première usine de fabrication de pile à hydrogène que nous allons produire dans notre joint-venture avec Faurecia est basée dans la région lyonnaise. Nos imprimantes 3D métal, qui sont une autre joint-venture que nous avons avec une belle entreprise qui s'appelle Fives, elle est basée à Clermont-Ferrand, détaille Florent Menegaux. Bien sûr, quand on est sur des développements technologiques, il faut être proche de nos centres de recherche et je rappelle que le coeur de notre recherche mondiale est basée à Clermont-Ferrand. Nous croyons beaucoup à la France et la France a beaucoup de devenir dans les nouvelles technologies et dans tous les produits à forte valeur ajoutée et Michelin continuera à investir en France."

La société, qui compte 69 usines sur la planète, continuera de se développer à l'étranger notamment en Asie et en Amérique mais reste convaincu des forces de la France.

"Nous avons une vision mondiale du sujet. Nous pouvons faire des comparaisons: la France a énormément d'atouts, de très belles infrastructures, un savoir-faire extraordinaire, des compétences disponibles de très bon niveau, assure le patron de Michelin. Ce qu'il faut maintenant c'est nous aider à avoir des règles du jeu équilibrées entre les différentes pays du monde. Aujourd'hui ce n'est pas encore équilibré."
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco