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Ces entreprises qui veulent faire de l'hydrogène, une énergie encore plus "verte"

À Pau, l'agglomération a investi 10 millions d’euros pour les bus et 4,5 millions d’euros pour la station de production hydrogène "vert", produit à partir d'eau et d'énergie renouvelable.

À Pau, l'agglomération a investi 10 millions d’euros pour les bus et 4,5 millions d’euros pour la station de production hydrogène "vert", produit à partir d'eau et d'énergie renouvelable. - Georges Gobet-AFP

Alors que ce gaz, vanté comme un nouveau carburant "propre", reste majoritairement issu d'énergies fossiles, plusieurs initiatives s'engagent à produire de l'hydrogène "vert", à partir d'eau et d'énergies renouvelables.

A l'instar des batteries lithium-ion des véhicules électriques dont le cycle de production n'est pas des plus vertueux sur le plan environnemental, l'hydrogène pose une question similaire. Aujourd'hui, la majorité de ce gaz produit est issu du "vaporeformage" de combustibles fossiles, d'où son appellation d'hydrogène "gris".

Or, ce procédé consiste à casser les molécules d’hydrocarbures en présence de vapeur d’eau, de chaleur et d’un catalyseur, pour en libérer l’hydrogène. Mais cette méthode a le gros inconvénient de produire du dioxyde de carbone alors que les véhicules propulsés à l'hydrogène (via une pile à combustible) n'émettent que de la vapeur d’eau sans particule fine, ni gaz à effet de serre.

Produire de l'hydrogène à partir d'eau, par électrolyse

Le recours à des sources d'énergie renouvelables comme la biomasse, le biogaz (issu de la biomasse ou des déchets) permet toutefois de "verdir" le bilan carbone de ce mode de production émetteur de CO2.

Mais plusieurs initiatives envisagent carrément de produite de l'hydrogène "vert" à partir d'eau grâce à l'électrolyse. Ce procédé consiste à décomposer l'eau en hydrogène et oxygène sous l'action d'un courant électrique, lui même issu d'énergies renouvelables.

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- © La station de production et distribution d’ hydrogène est construite à Pau pour recharger en gaz les bus. L’hydrogène est produit par électrolyse de l’eau. A terme la station sera alimentée en électricité par des panneaux solaires.

C'est le cas à Pau (Pyrénées-Atlantique) où circulent huit bus à hydrogène depuis la mi-décembre 2019. L'investissement de 4,5 millions d'euros dans une station d'hydrogène nécessaire au rechargement en gaz des véhicules (effectué la nuit), fait partie intégrante des infrastructures déployées.

Dans cette station (infographie ci-dessus), l’hydrogène est produit localement sur site à partir d'eau par un électrolyseur alimenté par de l’électricité locale d’origine renouvelable. Celle-ci sera à terme fournie à 100% par des panneaux solaires installés sur place pour une production "100% verte". La production d’hydrogène nécessitera par ailleurs 2000 litres d’eau par jour et restituera 1000 litres dans le réseau.

La start-up Lhyfe produira de l'hydrogène "vert" en Vendée

De son côté, la jeune nantaise Lhyfe a levé 8 millions d'euros de fonds pour installer en Vendée un premier site industriel de production d'hydrogène "vert", qui sera opérationnel au premier semestre 2021.

"La construction du premier site industriel de Lhyfe débutera en Vendée à proximité du parc éolien Bouin" ce semestre, pour une production à terme de plusieurs centaines de kilos d'hydrogène issue d'énergies renouvelables.

L'hydrogène sera obtenu par électrolyse de l'eau, alimentée par une ressource électrique renouvelable (éolien, photovoltaïque) ou thermolyse (par chauffage de biomasse). "Alors que 95% de l'hydrogène produit aujourd'hui (dit "hydrogène gris") génère jusqu'à 10 kg de CO2 par kilo d'hydrogène, l'hydrogène produit par Lhyfe est totalement propre", affirme la PME française.

Avec sa "solution clé en main", Lhyfe créée en 2017 veut s'adresser "aux collectivités industries et au monde du transport qui souhaitent s'approvisionner en hydrogène vert, en répondant aux besoins des bus, bennes à ordures, flottes de véhicules lourds ou légers.

Le site vendéen de Bouin, co-financé à hauteur de 3 millions d'euros par la communauté de communes de Challans-Gois, la région des Pays-de-la-Loire et Bpifrance, sera complété par une première station à hydrogène à La Roche-sur-Yon. Cette dernière alimentera une première ligne de bus et des véhicules de la collectivité (bennes à ordures ménagères).

Frédéric Bergé