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Bien aidé par la crise du Boeing 737 MAX, Airbus devrait reprendre la place de numéro un mondial

Airbus devient le 4e groupe français à plus de 100 milliards de capitalisation

Airbus devient le 4e groupe français à plus de 100 milliards de capitalisation - AFP

Le constructeur européen devrait livrer cette année davantage d'avions que son concurrent américain.

C'est une tournant très symbolique pour Airbus. En 2019, le groupe européen devrait vraisemblablement redevenir numéro un mondial du secteur, en termes de livraisons et de ventes, selon les calculs de La Dépêche. Une première depuis 2011. Pour l'année 2019, Airbus espère ainsi écouler entre 880 et 890 avions (dont plus de 500 A320, le fleuron de la marque) dans le monde. Face à lui, Boeing a vu ses livraisons chuter de 38% au cours des sept premiers mois de l'année, par rapport à 2018 (258 appareils contre 417 l'année dernière). L'objectif initial de 900 livraisons annoncé en janvier 2019 semble désormais hors de portée.

Ce renversement est intimement lié à la crise du 737 MAX qui n'en finit plus de plomber les comptes de l'entreprise américaine. Au deuxième trimestre de l'année, Boeing a ainsi fait état d’une perte de 2,94 milliards de dollars contre un bénéfice de 2,20 milliards un an plus tôt. C’est la plus importante perte de son histoire. Le chiffre d'affaires plonge quant à lui de 35% à 15,75 milliards de dollars, en raison de la suspension des livraisons du 737 MAX.

Selon les dernières estimations, la facture pour Boeing s'élève désormais à plus de 8 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros) sans compter les indemnisations des familles de victimes, qui ont déjà porté plainte, ou d'éventuelles amendes et règlement de litiges.

Danger pour les sous-traitants

Et les déboires ne sont pas terminées. Lundi, l’autorité fédérale américaine de l’aviation civile a une nouvelle fois repoussé la conclusion de son rapport sur la certification de l'appareil. Dans les faits, ce sont donc plus de 200 appareils qui s'agglutinent, cloués au sol, en attendant cette fameuse autorisation.

Mais l'Europe n'a pas à se réjouir de la crise chez Boeing, qui touche directement de nombreux sous-traitants, à commencer par Safran, qui fournit avec General Electric, les moteurs Leap à Boeing. Pour l'entreprise française, la crise est encore indolore, grâce à ses livraisons vers Airbus. D'autres plus petits sous-traitants sont plus fragiles attendent un rapide retour à la normale.

Un marché très dynamique

Une chose est sûre, la place de numéro un mondial reste symbolique. Les deux concurrents n'ont pour l'instant aucun véritable rival et le marché aérien reste très dynamique. En 2017, plus de 4 milliards de passagers ont été transportés en avion, un record. Les taux de croissance de ce marché atteignent 8 à 9% en Asie et le secteur a renoué avec les bénéfices. Pour Airbus et Boeing, qui représentent 85 à 90% des commandes, cela augure donc de belles années à venir. Entre les nouvelles commandes et le renouvellement de la flotte existante, entre 35.000 et 40.000 avions seront nécessaires pour les 20 prochaines années. Boeing a le temps de se retourner.

Thomas LEROY