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Bic veut délocaliser la fabrication de ses stylos: les salariés de l'usine de Vannes se mettent en grève

80% de la production est délocalisée en Tunisie

80% de la production est délocalisée en Tunisie - ERIC PIERMONT / AFP

Bic veut licencier 33 salariés de l'usine de Vannes (Morbihan) afin de délocaliser en partie vers la Tunisie la production de stylos.

Bic a annoncé mercredi 2 janvier la cession de son activité sport à l'estonien Tahe Outdoors, pour une valeur d'entreprise comprise entre 6 et 9 millions d'euros.

Créé en 1979, la filiale Bic Sport produit des planches à voile, et s'est progressivement diversifié dans le surf, le kayak, le dériveur pour enfants et le stand up paddle. 

Cette cession comprend notamment l'usine de Vannes de Bic, qui produisait aussi des stylos (100 millions d'unités par an). Bic a donc décidé de relocaliser la production de stylos à Marne-la-Vallée (pour le Bic à quatre couleurs) et à Bizerte en Tunisie (pour les crayons Vision et Velocity). Parmi les 39 salariés qui produisaient les stylos, seuls six sont reclassés à Marne-la-Vallée, et les 33 autres doivent être licenciés. Pour protester contre ces licenciements, une grande partie des salariés concernés a entamé jeudi 3 janvier une grève illimitée.

Largement bénéficiaire

Interrogés par Ouest France, les salariés ont affirmé: "la direction de Bic nous dit qu’elle a cherché un site sur Vannes pour déménager la production de crayons mais qu’elle n’en a pas trouvé. On n’y croit pas, car en fait elle recentre une partie de la production à Marne-La Vallée, et délocalise l’autre en Tunisie. Un moyen d’augmenter ses marges alors que l’entreprise est largement bénéficiaire. La preuve: elle a redistribué 280 millions d’euros à ses actionnaires".

Jean-Louis Le Droguenne, délégué CFDT, a déclaré au Télégramme: "Il suffirait de trouver un bâtiment sur la région pour y installer les machines et tout le monde garderait son emploi".

En 2017, Bic a réalisé un bénéfice net de 288 millions d'euros (+15,5%) sur un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros (+1,4% pro forma). En 2018, elle a versé à ses actionnaires un dividende de 3,45 euros par action au titre de l'exercice 2017, soit au total 161 millions d'euros. Le principal actionnaire est la famille Bich avec 44% du capital.

J. H.