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Arjowiggins placé en liquidation judiciaire, 800 salariés menacés

Arjowiggins placé en liquidation judiciaire

Arjowiggins placé en liquidation judiciaire - Jean-François Monier - AFP

Le tribunal de commerce de Nanterre a placé ce vendredi Arjowiggins Papiers Couchés en liquidation judiciaire. Deux papeteries de la Sarthe employant 800 salariés sont touchées.

Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé ce vendredi la liquidation judiciaire d'Arjowiggins Papiers Couchés et la cession partielle d'une autre usine, menaçant 800 salariés dans deux usines de la Sarthe, a annoncé l'avocat des salariés, Me Thomas Hollande.

Les sites touchés sont ceux de Bessé-sur-Braye (Sarthe), qui emploie 580 personnes, et du Bourray, près du Mans (270 emplois). "C'est une catastrophe pour le département de la Sarthe", a-t-il déclaré, faisant part de sa "colère" vis-à-vis de l'État. 

"Il y a 800 salariés touchés directement, sans compter les emplois indirects. Il y a eu des liquidations qui ont touché autant de salariés mais autant dans un même département et une même zone géographique, c'est vraiment inédit", a souligné l'avocat.

"Colère face à l'État"

Pour Bessé-sur-Braye, "c'est la liquidation judiciaire sans poursuite d'activité", a expliqué l'avocat. Pour le site du Bourray, à Saint-Mars-La-Brière près du Mans, "c'est une cession partielle (...) avec le licenciement de plus de 150 salariés", a ajouté Me Hollande. Quant à la troisième société de Greenfield à Château-Thierry (Aisne, 75 salariés), elle est entièrement reprise, selon la même source. 

"La première réaction, c'est la colère face à l'État, la BPI (Banque publique d'investissement, ndlr) et les dirigeants du groupe qui sont responsables de cette situation alors qu'il y avait un projet de reprise viable proposé et ont refusé de le financer intégralement", a estimé Me Hollande.

"Tout n'est pas terminé"

Les trois usines, qui appartenaient au groupe Sequana, ont été placées en redressement judiciaire le 8 janvier. Bpifrance est actionnaire de Sequana à hauteur de 15,4% du capital et détient 17,2% des droits de vote. 

"Tout n'est pas terminé, les salariés ne sont pas résignés. Ils sont habités par le sentiment d'injustice et de colère et ils veulent tout faire pour sauver le site", a-t-il indiqué. "Il y a encore un mince espoir de permettre un redémarrage de l'activité et éviter une fermeture définitive du site." "C'est une décision difficile pour le territoire (...). Malheureusement, les financements privés nécessaires pour équilibrer l'offre n'ont pu être réunis", a réagi le ministère de l'Économie dans un communiqué.

Paul Louis avec AFP