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Après LVMH et Free, Total ouvre son centre de formation maison

Les multinationales françaises qui comptent au moins une filiale dans un paradis fiscal versent en moyenne 26% d'impôt sur les sociétés de moins que les autres multinationales françaises.

Les multinationales françaises qui comptent au moins une filiale dans un paradis fiscal versent en moyenne 26% d'impôt sur les sociétés de moins que les autres multinationales françaises. - AFP

Baptisé Industreet, le futur centre sera inauguré à Stains (Seine-Saint-Denis) le 19 novembre prochain en présence de la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

De plus en plus de grands comptes ont à cœur de réduire, à leur niveau, la fracture sociale. Pour parvenir à cette fin, certains fleurons de l'industrie tricolore à l'instar de Free en 2013 avec son école 42 et de LVMH en septembre dernier avec son Institut des Vocations pour l'Emploi ont pris le parti d'ouvrir leurs centres de formation respectifs afin d'assurer la transmission de leurs savoir-faire et d'anticiper les métiers du futur.

Cette fois, c'est au tour du supermajor tricolore Total de se lancer dans l'aventure. Répondant au nom d'Industreet, le centre doit accueillir 400 élèves en situation de décrochage scolaire, âgés de 18 à 25 ans, à la rentrée prochaine.

10 millions d'euros chaque année

Une fois leur candidature effectuée en ligne, ils pourront à tout moment intégrer un cycle de formations dédiées aux métiers de l'industrie sur une durée allant de six à 18 mois. Un cursus gratuit dont le but repose sur le fait de préparer cette nouvelle génération à des métiers futuristes comme ceux de pilote de drones, ou de dessinateur de maquettes numériques…

10 millions d'euros: c'est la somme que la fondation de Total - qui finance le projet - devrait y allouer chaque année. Et si le géant pétrolier a décidé d'ouvrir son propre centre de formation, c'est avant tout parce qu'il le voit comme une manière de répondre, à sa manière, au mouvement des "Gilets Jaunes" survenu l'hiver dernier.

Les grands comptes au service de l'emploi et de l'apprentissage

Patrick Pouyanné, le PDG de Total, avait été clair en décembre 2018 sur le sujet. A l'occasion du Sommet de l'Economie organisé par Challenges, il avait, en effet, déclaré à l'époque que l'Etat ne pouvait pas résoudre toutes les difficultés sociales et qu'à ce titre, les grands comptes avaient, eux aussi, leur rôle à jouer.

Pour servir l'emploi, le groupe pétrolier - qui mise sur l'apprentissage en embauchant en alternance environ 5% de ses effectifs en France, souligne Challenges - s'est, par ailleurs, engagé à ne plus fermer de stations-service sur le territoire.

Aujourd'hui, Total octroie la moitié de ses stages de troisième en région parisienne aux élèves de banlieues défavorisées. Il existe, actuellement, une trentaine d'"écoles de production" dédiées à l'apprentissage et à l'insertion professionnelle. Quant à Patrick Pouyanné – qui aime à rappeler que l'année la plus essentielle de sa vie fut celle de son stage à l'usine de chips Vico dans l'Aisne – il envisage, à terme, d'ouvrir 100 établissements. Soit un dans chaque département.

JCH