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Alstom: l'Etat entre au capital et choisit GE

Arnaud Montebourg a indiqué que la préférence de l'Etat allait à General Electric.

Arnaud Montebourg a indiqué que la préférence de l'Etat allait à General Electric. - -

Arnaud Montebourg a indiqué, vendredi 20 juin, qu'une alliance avec General Electric avait les faveurs du gouvernement. Il a également annoncé que l'Etat deviendrait l'actionnaire principal d'Alstom.

Le dénouement est proche. Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie, a fait savoir que l'Etat français se prononçait en faveur d'une alliance avec General Electric dans le dossier Alstom, vendredi 20 juin.

Lors d'une conférence de presse à Bercy, le ministre a indiqué avoir envoyé une lettre d'intention au patron de GE, Jeff Immelt, lui précisant les conditions de cette alliance. Il a également prévenu qu'il y aurait des "pénalités" si les engagements de GE sur l'emploi -à savoir la création de 1.000 emplois en trois ans- n'étaient pas tenus.

L'Etat prend 20% du capital d'Alstom

Arnaud Montebourg a surtout confirmé que l'Etat entrerait bien au capital du groupe français, à hauteur d'environ 20%. Il rachètera en fait les deux tiers de la part de Bouygues, qui s'élève à 29,4%. L'Etat deviendra ainsi le principal actionnaire d'Alstom.

Une mesure que plébiscite le premier syndicat du groupe, la CFE-CGC. Elle a jugé l'entrée au capital de l'Etat "rassurante",vendredi soir. "Il ne fait aucun doute maintenant que le conseil d'administration choisira General Electric", a déclaré à l'AFP Claude Mandart, délégué central CFE-CGC de la branche Transport.

Pour le délégué, "l'intérêt de l'intervention du gouvernement et de l'ensemble des organisations syndicales a été de mettre la pression sur GE, et aussi Siemens, de façon à avoir des offres qui montent en qualité". Sans cela, Alstom aurait été "coupé en deux, réduit à son activité ferroviaire", a-t-il ajouté.

L'offre de Siemens et Mitsubishi écartée à cause de Bruxelles?

Par ailleurs, Arnaud Montebourg a fait savoir que l'offre conjointe de Siemens et Mitsubishi s'était "heurtée aux règles de la concurrence" édictées par Bruxelles. Tout en saluant une proposition "très sérieuse, très crédible, très sérieusement travaillée, améliorée".

"Alstom méritait une alliance plutôt qu'un rachat-absorption", a poursuivi le ministre, qui a reçu le feu vert de François Hollande pour activer le décret du 14 mai sur les investissements étrangers en France.

Au nombre des conditions posées dans le cadre de ce décret,
l'Etat souhaite qu'Alstom "soit maintenu dans une alliance à 50-50 dans le nucléaire, la vapeur, ainsi que toutes les activités de la transition énergétique", a dit le ministre. GE avait déjà formulé des propositions dans ce sens le cadre d'une nouvelle offre présentée jeudi.

Louanges du Premier ministre

Arnaud Montebourg a par ailleurs reçu les louanges du chef du gouvernement en forme de pique à son prédécesseur. Manuel Valls a estimé, en marge d'un déplacement au Creusot, qu'"en termes de méthode", le choix d'une alliance entre Alstom et General Electric était "l'anti-Florange".

"C'est une décision partagée par chacun", a salué le Premier ministre, en référence au conflit qui avait opposé à l'automne 2012 Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg sur une nationalisation du site ArcelorMittal de Florange. Réclamée par celui qui était alors ministre du Redressement productif, elle avait été écartée par l'ex-Premier ministre. Arnaud Montebourg avait alors menacé de démissionner.

Le successeur de Jean-Marc Ayrault, qui avait reçu le soutien appuyé d'Arnaud Montebourg au moment de sa nomination, l'a félicité ce vendredi. C'est à son "engagement que nous devons beaucoup" dans le choix de General Electric pour s'allier avec Alstom, a-t-il déclaré.

Y. D. et N.G. avec agences