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Albert Frère, l'homme d'affaires le plus riche de Belgique est mort

Début 2015, Albert Frère avait lâché les rênes de sa holding phare GBL, mais il en était resté président d'honneur.

Début 2015, Albert Frère avait lâché les rênes de sa holding phare GBL, mais il en était resté président d'honneur. - Benoît Doppagne-BELGA-AFP

L'entrepreneur Albert Frère, l'homme le plus riche de Belgique selon le classement Forbes, est mort à l'âge de 92 ans. Via la compagnie holding GBL, qu'il co-contrôlait, il était actionnaire de Pernod Ricard, Total et d'Adidas, notamment.

La Belgique a perdu son homme d'affaires le plus riche, Albert Frère, âgé de 92 ans. La mort de celui qui fut fait Baron par le roi Albert II, a été annoncé par la compagnie holding Groupe Bruxelles Lambert (GBL) dont il était président d'honneur et actionnaire de contrôle conjoint, de pair avec la famille Desmarais, originaire du Canada.

La société belge GBL est cotée en Bourse depuis plus de 60 ans, affichant une capitalisation boursière de 15 milliards d'euros, fin septembre 2018 mais ayant chuté à un peu plus de 13 milliards d'euros, ce 3 décembre. Le roi des spiritueux français Pernod Ricard, le cimentier franco-suisse LafargeHolcim, le groupe pétrolier Total et l'équipementier sportif Adidas figurent parmi les participations détenues par GBL. En échangeant ses parts dans le groupe électrique Tractebel, Albert Frère avait aussi favorisé la formation du puissant groupe franco-belge, Suez (devenu Engie par la suite).

Selon le classement du magazine américain Forbes, sa fortune est estimée à 5,8 milliards de dollars soit un peu plus de 5 milliards d'euros. Début 2015, Albert Frère avait lâché les rênes de sa holding phare GBL, mais il était resté président d'honneur du groupe.

Il avait débuté grâce à la maison familiale Frère-Bourgeois

Né le 4 février 1926 près de Charleroi (sud), en plein coeur du bassin sidérurgique belge, il doit son ascension à son flair autant qu'à son culot. Il a d'abord pris la tête de la maison familiale Frère-Bourgeois, qui fabriquait des clous et des articles de ferronnerie.

À 28 ans, au milieu des années 1950, il prend une participation dans les laminoirs du Ruau à Monceau-sur-Sambre, avant de se rendre maître d'une deuxième, puis d'une troisième forge.

Puis il a construit progressivement une société de commercialisation de l'acier qui deviendra vite la première de Belgique, avant de contrôler progressivement pratiquement toute la production sidérurgique de Charleroi.

Au début des années 1980, en pleine crise de la sidérurgie, il avait cédé ses intérêts dans l'acier aux pouvoirs publics et, grâce au capital important réalisé dans l'opération, s'est lancé dans la finance. C'est à cette époque qu'on a commencé en Belgique à l'accuser d'avoir fait fortune en vendant les joyaux de l'économie du royaume, un reproche qui reviendra souvent par la suite.

F.Bergé avec AFP