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Immobilier ancien : vers une année record

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L'immobilier ancien est décidément en pleine forme. Les principales agences ont publié leurs chiffres de ventes pour le troisième trimestre et cela se confirme, on se dirige vers une année 2018 record en terme de ventes, comme de prix.

Après une année 2016 exceptionnelle et une année 2017 hors normes, beaucoup s'attendaient à une pause sur le marché de l'immobilier ancien. Or 2018 promet d'être à nouveau une année record. Sur les volumes d'abord, la barre du million de transactions devrait être franchie. Toutes les agences ont vu leurs ventes s'améliorer au troisième trimestre par rapport à 2017. Chez Laforêt, elles ont augmenté de 0,4%, elles ont progressé de 1,3% chez Century 21, et bondi de 5,8% chez Guy Hoquet.

Sur les prix ensuite, qui se sont envolés. Les réseaux notent tous la même tendance. Laforêt et Century 21 constatent une hausse de 2,6% des prix au troisième trimestre, tandis que Guy Hoquet chiffre cette augmentation à 2,4%. Sur l'ensemble de la France, le prix moyen au mètre carré se situe à 2539 euros selon Century 21, proche des plus hauts de l'année 2011, où le mètre carré valait 2621 euros.

Les taux bas, moteur du marché

La santé insolente du marché de l'ancien a une explication toute simple selon les professionnels, la même que l'année dernière : les taux bas ! « Le marché vit sous perfusion permanente des taux d'intérêts » explique Fabrice Abraham, le directeur général de Guy Hoquet. « Les acheteurs se dépêchent de signer parce qu'ils ont peur que les taux remontent » ajoute-t-il.

Ces taux extrêmement bas favorisent l'arrivée sur le marché de nouveaux acheteurs, plus jeunes. « 46% des acquéreurs ont moins de 40 ans » remarque ainsi Laurent Vimont, le président de Century 21.

Les taux bas permettent aussi un retour en force des investisseurs, qui achètent un bien pour le louer et non pour l’habiter. Ils sont 20% plus nombreux en 2018 qu'en 2017, selon les calculs du réseau Guy Hoquet. « La pierre reste une valeur sûre, qui donne confiance » explique Yann Jéhanno, le président de Laforêt.

Paris en pleine euphorie

Tous les voyants sont au vert cette année, à l’exception du marché parisien. Au troisième trimestre, Century 21 comme Guy Hoquet constatent une forte baisse des ventes, de l'ordre de 5%.

Ce net recul s'explique par une envolée des prix dans la capitale, enregistrée par la plupart des agences (hausse de 5,7% au troisième trimestre pour Guy Hoquet et Laforêt, augmentation de 6,6% pour Century 21). « Dans la moitié des arrondissements parisiens, le prix au mètre carré dépasse les 10 000 euros. Pour beaucoup de ménages, le plafond de verre est atteint » affirme Fabrice Abraham.

« Dans la capitale, les acheteurs comme les vendeurs sont sous gaz hilarant, on est dans l'euphorie la plus totale » tempère Laurent Vimont. « La situation parisienne n'est en rien annonciatrice d'un retournement du marché sur le plan national, Paris n'est pas la France » assure le président de Century 21.

Si certains réseaux tablent sur un ralentissement en 2019, aucun n'envisage un renversement radical de la tendance. Un seul élément pourrait venir véritablement gripper la machine : une hausse des taux d'intérêts. « S’ils remontent brutalement alors oui, alerte Yann Jéhanno, les répercussions sur le marché pourraient être violentes ».

Justine Vassogne