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Grâce à un accord avec ses créanciers, Solocal pourra tenir au moins "jusqu'à fin 2021"

L'ex Pages jaunes, qui a opéré un virage complet vers le numérique, a obtenu l'aide de ses créanciers pour passer la crise. Le président du conseil d'administration, Pierre Danon, estime que cet accord marque "une étape extrêmement importante" et se montre confiant pour la suite.

Après trois semaines de suspension, l'action de Solocal (ex-Pages Jaunes) sera de nouveau cotée ce lundi. Une reprise qui intervient alors que le groupe de services de renseignements a annoncé vendredi avoir trouvé un accord de refinancement avec ses principaux créanciers. 

Invité ce lundi sur BFM Business, le président du conseil d'administration de Solocal, Pierre Danon, a assuré que "le potentiel de l'entreprise reste intact". "C'est une entreprise qui s'est transformée, qui est pleinement digitale et qui a beaucoup de potentiel", a-t-il ajouté. 

Le groupe a tout de même été "heurté violemment par la crise du Covid", a-t-il reconnu. D'autant qu'il n'était pas éligible aux prêts garantis par l'Etat. "On était juste dans l'angle mort du PGE", a expliqué Pierre Danon. 

Réduction de l'endettement

Résultat, le groupe sort de la crise avec une dette abyssale de 500 millions d'euros, à comparer avec un Ebitda (revenus avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) de 120 millions d'euros. D'où la nécessité d'un plan de refinancement. Celui-ci est "une étape extrêmement importante", s'est félicité le président du conseil d'administration du groupe. "Si on n'avait pas eu cet accord, on allait en redressement judiciaire. Cela aurait été une catastrophe pour nos collaborateurs", a-t-il souligné. 

Grâce à cet accord, Solocal a pu obtenir 120 millions d'euros de liquidités qui lui permettra de passer la crise au moins "jusqu'à fin 2021". L'accord prévoit également une réduction de l'endettement à 250 millions d'euros. "C'est toujours un endettement fort, il ne faut pas se leurrer. Mais c'est un endettement acceptable", a poursuivi Pierre Danon. 

Il s'est enfin montré confiant pour la suite, estimant qu'"il y a de très bons signes de redémarrage" notamment parce que "beaucoup d'entreprises, grandes et petites, se sont rendues compte que le digital, c'était vraiment la solution". 

Paul Louis