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General Electric espère avoir trouvé son sauveur

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- - SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

General Electric qui traverse depuis près de deux ans une véritable crise de confiance, s'est choisi un nouveau PDG pour tenter de se redresser. Lawrence Culp, 55 ans, remplace John Flannery, poussé vers la sortie 14 mois seulement après son arrivée.

Le conseil d'administration de General Electric espère avoir trouvé son homme providentiel. Le conglomérat espère que le nouveau dirigeant arrivera à accomplir pour GE ce qu'il a réussi à faire à son poste de PDG de Danaher entre 2000 et 2014: il a transformé une entreprise essentiellement industrielle en « une société leader en science et technologie », souligne un communiqué du groupe.

Pour faire bonne mesure, General Electric a révisé à la baisse sa prévision de bénéfice par action pour 2018, à cause des déboires de sa division énergie, longtemps le fleuron du groupe, qui doit ses origines à Thomas Edison, l'inventeur de l'ampoule à incandescence. En raison de cette division, GE a aussi annoncé qu'il devrait inscrire dans ses comptes une charge exceptionnelle pouvant atteindre 23 milliards de dollars.

Mais ces mauvaises nouvelles étaient largement ignorées par les investisseurs, qui parient sur une reprise en main vigoureuse de M. Culp.

Renaissance après la disgrâce ?

En baisse de plus d'un tiers de sa valeur depuis le début de l'année et de plus de 60% depuis début 2017, l'action était tombée la semaine dernière à son plus bas niveau depuis 2009. Signe de sa disgrâce, l'entreprise avait été éjectée en juin du Dow Jones Industrial Average (DJIA), l'indice vedette de la Bourse de New York dont il était membre depuis plus d'un siècle.

« Larry Culp a fait ses preuves en matière de transformation d'une entreprise et de création de valeur pour les actionnaires », souligne Thomas Horton, l'ancien PDG de la compagnie aérienne American Airlines nommé lundi directeur principal du conseil d'administration de GE. « C'est un leader fort avec une connaissance profonde de l'industrie et de la technologie et une capacité de concentration intense sur la réalisation d'objectifs, l'organisation et la formation de talents », écrit-il dans le communiqué.

La rentabilité du groupe américain reste minée par les difficultés persistantes de sa division énergie qui comprend une grande partie de l'ancien fleuron français Alstom racheté au plus fort en 2014. Elle ne parvient pas à se remettre de la chute des prix de l'électricité de gros et de l'effondrement des commandes de turbines qu'elle n'a pas su anticiper. 

Bouffée d'air

Au deuxième trimestre, hanté par le déclin de l'énergie, GE a vu son bénéfice fondre de près de 30% pour un chiffre d'affaires de 30,1 milliards de dollars, en hausse de seulement 3,5%. Les défis se sont accentués mi-septembre quand le groupe a confirmé des problèmes d'oxydation sur sa nouvelle génération de turbines, censée permettre à GE de mieux braver la concurrence.

Pour tenter de relancer le conglomérat, John Flannery avait annoncé fin 2017 un drastique plan de restructuration avec quelque 20 milliards de dollars de cessions d'actifs à la clé et des milliers de suppressions d'emplois à travers le monde. Malgré les critiques de la classe politique française, il a aussi renoncé mi-juin à son engagement de créer un millier d'emplois d'ici fin 2018 en France. Quelques semaines plus tard, le groupe concluait sa cure d'amaigrissement en annonçant son intention de se séparer de sa division santé et de sa participation dans Baker Hughes.

Mais « le conseil d'administration restait apparemment frustré de la trop lente transformation de la division énergie », a indiqué Joshua Aguilar, analyste chez Morningstar. La tâche reste ardue car le marché de l'énergie continue à pâtir de la concurrence croissante des renouvelables et d'un problème de surcapacité, a-t-il estimé. Mais le nouveau patron, membre du conseil d'administration depuis avril 2018 seulement, « apporte de l'air frais », et en renvoyant sans ambages M. Flannery, la direction fait aussi preuve de sa détermination à agir fermement, a relevé M. Aguilar.

La pression est d'autant plus forte sur M. Culp que la chute de General Electric a été spectaculaire. Jusque dans les années 2000 et sous la houlette de son PDG emblématique Jack Welsh, le groupe industriel était une référence absolue en matière de performance -- chacune des divisions devait être au premier ou deuxième rang de sa spécialité dans le monde-- de gestion et de rentabilité.

La rédaction avec AFP