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Fermeture de l'usine Bridgestone: Philippe Darmayan (UIMM) appelle les politiques "à la modération"

Philippe Darmayan, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et d'ArcelorMittal France, était l'invité du Grand Journal de l'Eco sur BFM Business.

Un appel "à la modération" de la parole politique dans le dossier Bridgestone. Philippe Darmayan, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et d'ArcelorMittal France, est revenu sur la fermeture annoncée par Bridgestone de son usine de Béthune où sont employées plus de 860 personnes. Le gouvernement a évoqué une "trahison de la confiance" tandis que le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a dénoncé un "assassinat prémédité".

"Je fais un appel aux politiques, à la modération. Ces grands mots que j'entends, et bien que j'estime beaucoup Xavier Bertrand, ce n'est pas comme ça que l'on gère un problème. C'est tout à fait excessif. Maintenant, place au dialogue, au dialogue constructif, au dialogue social avec les organisations syndicales à l'intérieur de Bridgestone et avec les politiques pour qu'ils prennent le temps de comprendre ce qu'il se passe", a déclaré Philippe Darmayan, qui était l'invité ce mercredi soir du Grand Journal de l'Eco sur BFM Business.

La fermeture du site de Béthune est un cas "qui n'est pas seulement lié au confinement et au Covid-19, c'est aussi un cas qui est manifestement plus structurel", a poursuivi le président de l'UIMM, qui assure qu'il y aura d'autres cas similaires en France. 'Il faut se souvenir que Michelin a fermé une usine à peu près de la même taille l'année dernière".

"D'abord les hommes"

"Je pense qu'il est nécessaire que le dialogue social s'implante et que le grand nombre de dispositifs sociaux que l'on a pour que l'on puisse prendre en compte la situation individuelle de chaque salarié. C'est comme que l'on doit mener des restructurations. C'est d'abord les hommes, et ensuite le dialogue social pour expliquer pourquoi cela est indispensable", a estimé Philippe Darmayan.

Ces propos politiques "mettent tout le monde le dos au mur. Ce n'est pas bon pour le personnel. Il faut maintenant voir si cette décision peut être ajournée, comment est-ce que l'on applique la fameuse législation dite 'Florange', c'est-à-dire obliger de vendre avant de fermer. Il y a des mesures de revitalisation locale pour la région de Béthune qui sont prévues par la loi. Il y a beaucoup de sujets mais il faut pour cela que le dialogue s'installe".

J. B.