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Total: Margerie dénonce "l'usine à gaz" du "say on pay"

Christophe de Margerie ira chercher son successeur à la tête de Total en interne.

Christophe de Margerie ira chercher son successeur à la tête de Total en interne. - -

Le PDG de Total, Christophe de Margerie, critique, ce vendredi 16 mai, dans La Tribune la mesure qui consiste à faire voter les actionnaires sur la rémunération des dirigeants. Il donner également des pistes sur sa succession.

L'assemblée générale de Total se tient ce vendredi 16 mai au Palais des congrès à Paris. Comme ses consœurs du CAC 40, la major pétrolière va s'essayer pour la première fois au say on pay. Ce dispositif inspiré des modèles anglo-saxons consiste à faire voter les actionnaires sur la rémunération des dirigeants du groupe. Pour Christophe de Margerie, c'est une "usine à gaz".

"Quand je regarde tous les papiers qu'il faut remplir pour le say on pay, c'est une vraie usine à gaz qui a été mise en place et on y perd un temps fou", a-t-il regretté dans les colonnes du supplément de la Tribune ce vendredi.

"La transparence oui, l'acharnement, non"

Le dispositif a été préconisé par le Medef et l'Afep, dans leur nouveau code de bonne gouvernance des entreprises. Les deux organisations ont été chargées de proposer des pratiques favorisant la transparence à la demande du gouvernement. La mesure remplace en effet la future loi sur la rémunération des patrons promise par François Hollande, et finalement été abandonnée.

"Chez Total, nous avons toujours été très précis sur les montants et le calcul de ce que je gagne - part fixe et part variable - mais il y a un moment où il faut savoir s'arrêter, parce que je ne suis pas sûr que cela explicite davantage les choses", a-t-il poursuivi.

"La transparence oui, l'acharnement, non", a-t-il ajouté à propos de la rémunération des grands patrons. Le "vrai sujet", selon lui, réside plutôt dans "le rapport du chef d'entreprise avec l'opinion publique". En 2012, la rémunération totale de Christophe de Margerie avait atteint près de 5 millions d'euros, selon le groupe pétrolier.

Un successeur en interne

A l'occasion de l'AG, les actionnaires devront aussi se prononcer sur un éventuel relèvement de la limite d'âge du président, de 65 à 70 ans, et celle du directeur général, de 65 à 67 ans. Cette modification des statuts permettrait à Christophe de Margerie, qui a 62 ans, d'être reconduit dans ses fonctions.

Dans la même interview, l'emblématique patron du géant de l'énergie, dont le mandat s'achèvera en 2015, évoque sa prochaine succession. Le PDG dit que son dauphin sera choisi en interne. "Je fais le nécessaire pour que, le jour venu, le conseil puisse choisir et annoncer le nom de mon successeur", déclare-t-il. "Dans la culture Total, ce sera quelqu'un du groupe", ajoute-t-il. "Nous avons suffisamment de talents pour y arriver", a-t-il assuré, sans préciser de noms, ni dénombrer le ou les dauphins potentiels.

N.G.