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Total et les majors pétrolières à la peine

Total a vu ses profits fondre de 20% en 2013

Total a vu ses profits fondre de 20% en 2013 - -

Les résultats du pétrolier français, parus ce mercredi 12 février, attestent d'un recul de 20% de son résultat net part, à 84 milliards d'euros. Total a souffert en 2013, comme tous les grands groupes du secteur.

Les profits de Total en 2013 sont tombés sous les 10 milliards d'euros, à 8,4 milliards. Une contre-performance pour un groupe habitué à compter ses bénéfices au-dessus de ce seuil. Ils ont chuté de près de 20% par rapport à 2012, indique la troisième compagnie pétrolière européenne par la capitalisation boursière, qui publiait ses résultats annuels ce 11 février.

Bref, la major française a souffert en 2013, mais comme ses concurrents, et même en résistant "mieux qu'eux", a estimé son PDG, Christophe de Margerie, ce mercredi matin. Que ce soit pour Shell, Chevron, BP, ou Exxon Mobil tombé la veille à la troisième place des capitalisations boursières mondiales, la production a continué de décroître et d'amputer les marges l'an dernier.

L'Opep révise à la hausse ses prévisions

C'est là le nœud du problème pour ces compagnies. "Leur production de brut a chuté entre -0,5 et -0,3%", souligne Jean-Louis Schilansky, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

Alors que dans le même temps, la consommation ne cesse d'augmenter. L'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) a ainsi annoncé, ce 11 février, que la demande mondiale de pétrole va croître en 2014 au rythme de 1,09 million de barils par jour. C'est 40.000 de plus, au quotidien, que sa précedente prévision.

Ajouté à cela une baisse de rentabilité de l'activité. Le baril de "light sweet crude", le pétrole raffiné américain, a dépassé les 100 dollars en cours de séance la semaine dernière. Mais au-delà de l'évènement, "le prix du baril a peu évolué depuis 2012, alors que les coûts de production, eux, ont augmenté", note Jean-Louis Schilansky.

Tensions sur les marges dans le raffinage en Europe

C'est la conséquence de la raréfaction des hydrocarbures: "on cherche du pétrole plus loin, plus profond", poursuit le spécialiste. Dans le secteur, les montants investis en prospection par les sociétés cotées sont passés de 130 milliards en 2003 à plus de 450 milliards en 2012.

Chez Total, les investissements ont atteint un "pic" de 28 milliards d'euros en 2013, en hausse de 13%. Il faut bien "transformer le profil de production à l'horizon 2017", a argumenté Christophe de Margerie, qui martèle pour autant que "ce n'est pas la fin du pétrole".

Dernière raison du malaise: le raffinage, une activité très dégradée en 2013. La faute en particulier à l'Europe, qui pâtit de "surcapacités et d'une compétitivité en berne", explique le président de l'Ufip. Selon l'indicateur ERMI, sur le Vieux continent, la marge sur cette activité est passée de 36 dollars par tonne en 2012 à 18 dollars par tonne en 2013.

En face, des pays exportateurs comme la Chine et les Etats-Unis ont développé leurs capacités dans ce domaine, à des coûts bien moindres. Total a perdu 200 millions d'euros en France, en 2013 principalement à cause des difficultés dans le raffinage. Ce n'est encore pas cette année que le groupe paiera l'impôt sur les sociétés dans l'Hexagone.

Nina Godart