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Pourquoi les émissions de CO2 des automobiles repartent à la hausse

Le déclin du diesel et la progression des véhicules à essence a mis fin en 2017 à 23 ans de baisse des émissions de CO2 pour les voitures neuves vendues en France.

Le déclin du diesel et la progression des véhicules à essence a mis fin en 2017 à 23 ans de baisse des émissions de CO2 pour les voitures neuves vendues en France. - Thomas Kienzle-AFP

Les émissions moyennes de CO2 des véhicules vendus en 2017 dans l'Hexagone ont légèrement augmenté. En cause, le recul des ventes de moteurs diesel.

Une légère hausse des émissions de CO2 calculées pour les voitures neuves immatriculées en France a été constatée l'an passé, une première depuis 1995. En 2017, la moyenne a été de 111 grammes de dioxyde de carbone émis par kilomètre et par véhicule, contre 110 grammes en 2016, selon les données compilées par AAA Data, spécialiste de la collecte et du traitement des données et statistiques sur le secteur de l'automobile. 

Ces statistiques portent sur les émissions théoriques de CO2 mesurées en laboratoire, dont l'homologation sert ensuite au calcul des bonus et malus de véhicules vendus en France. Or, les véhicules diesel, qui consomment moins de carburant en moyenne, ont aussi des émissions de CO2 plus favorables que les motorisations à essence, même si ces dernières ont fait de gros progrès.

Renault, PSA et Toyota, les plus vertueux pour le CO2

La chute des ventes de véhicules diesel émettant moins de CO2 en moyenne que ceux carburant à l'essence sans plomb, explique en grande partie la légère hausse constatée l'an passé. L'année 2017 s'est conclue par une nouvelle érosion de la part du diesel, tombée à 47,3% des immatriculations de voitures particulières neuves en cumulé sur douze mois, passant ainsi sous la barre symbolique des 50% pour la première fois depuis l'an 2000.

L'an dernier, le plus gros émetteur de CO2 a été General Motors, avec 270 grammes au kilomètre en moyenne par véhicule vendu. Vient ensuite, Fiat Chrysler Automobile, à 122 grammes tandis que Volkswagen et Volvo se partagent la 3ème place avec 119 grammes.

Du côté des constructeurs dont les véhicules émettent le moins de CO2, Toyota est le plus vertueux, avec la moyenne la plus basse, à 98 grammes par véhicule et par kilomètre.

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Les voitures du constructeur japonais ont baissé leur moyenne de 3 grammes en un an, réduction à mettre sur le compte de ses ventes de véhicules hybrides rechargeables, évaluées à plus de 40% du total de ses immatriculations de véhicules neufs en Europe.

Les constructeurs français Renault et PSA sont, eux aussi, plutôt vertueux, avec 107 grammes d'émissions par véhicule et par kilomètre.

Le lobby de l'auto en Europe s'inquiète pour l'échéance de 2021

"La baisse rapide de la part de marché du diesel sur les marchés de l'UE, largement compensée par l'essence à plus haut CO2, pose également de sérieux défis pour atteindre les objectifs de réduction de CO2: non seulement ceux de 2030 mais aussi les objectifs fixés pour 2021" s'inquiétait la semaine dernière le lobby des industriels, l'association des constructeurs automobiles européens (ACEA) présidée par Carlos Tavares, patron de PSA.

L'allusion à l'échéance de 2021 illustre à quel point celle-ci est très redoutée par les constructeurs. Cette année-là, la Commission européenne a fixé à 95 grammes par kilomètre (Toyota est à 98 grammes en 2017 en France), la moyenne des émissions de CO2 des voitures neuves vendues par les constructeurs, limite qui s'imposera à tous et au-delà de laquelle de fortes sanctions financières pourront être appliquées aux fabricants d'automobiles.

Frédéric Bergé