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Loi Travail: 19 centrales nucléaires en grève jeudi

"Les personnels des 19 centrales nucléaires ont voté la grève pour ce jeudi 26 mai, pour protester contre la loi travail. Des baisses de charges devraient survenir sans que les centrales soient arrêtées pour autant."

Après les pénuries de carburant, l'électricité? Alors que les salariés de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine avaient voté mardi la grève et l'arrêt de la production d'électricité sur le site pour jeudi, la CGT-Energie a appelé à un mouvement "le plus fort possible" pour cette huitième journée d'action contre la loi Travail, notamment dans ses centrales nucléaires.

Une porte-parole a ensuite affirmé mercredi soir à l'agence Reuters que les personnels des 19 centrales nucléaires ont voté la grève pour ce jeudi. 

Ce mouvement débutera mercredi à 20h et devrait entraîner des baisses de charges mais pas l'arrêt des centrales. 

"On n'arrête pas une centrale nucléaire comme cela, ce n'est pas une central thermique ou un barrage hydraulique", précise la porte-parole. 

8e journée de mobilisation

La Fédération nationale mines-énergie (Fnme-CGT), qui indique protester également contre la dégradation de la filière, avait d'ailleurs déjà affirmé qu'elle n'excluait pas "des baisses de charges" électriques.

"C'est le moment d'accentuer la mobilisation. Nous appelons à un mouvement le plus fort possible", a déclaré à l'AFP sa porte-parole, Marie-Claire Cailletaud. "Des coupures électriques ont déjà eu lieu aujourd'hui (mardi) dans plusieurs quartiers de Nantes ainsi que dans le plus grand centre commercial d'Europe à Marseille, mais les baisses de charge pourraient être plus importantes jeudi", prédit-elle.

Jeudi, les syndicats opposés à la loi El Khomri, la CGT et FO en tête, appellent à une huitième journée de grèves et de manifestations partout en France pour réclamer le retrait du texte.

"Le mouvement de contestation monte"

Interrogé par l'AFP, un porte-parole d'EDF avait déclaré jeudi matin qu'il était "'difficile" de prévoir les conséquences sur la production électrique. "Cela pourrait entraîner des baisses de charge" en cas de forte mobilisation sur les sites, tout dépendra de l'ampleur de la grève, a-t-il ajouté.

Lors d'assemblées générales organisées ces derniers jours dans plusieurs sites, "de jeunes salariés ont fait part de leur volonté d'intervenir sur leur outil de travail", selon Laurent Heredia, membre de la direction fédérale de la Fnme-CGT.

"On sent clairement que le mouvement de contestation monte", a-t-il assuré.

Le syndicat souhaite "le retrait de la loi Travail" mais entend également réitérer ses inquiétudes quant à l'avenir de la branche énergétique.

L'Etat s'est engagé en avril à renflouer le groupe EDF, endetté et plombé par des prix de l'électricité en berne en Europe et des d'investissements à venir, notamment le projet controversé Hinkley Point. Quelques mois plus tôt, c'est au secours du groupe nucléaire Areva qu'il était intervenu. Un plan d'économies prévoyant la suppression de 6.000 postes d'ici à 2017 avait entre autres été décidé.

V.R. avec AFP