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Le patron de General Electric France sous le coup d’une enquête pour "prise illégale d’intérêt"

Hugh Bailey appartenait au cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, entre août 2014 et septembre 2016, au moment où le ministre de l’Economie autorisait le rachat d’Alstom par le géant américain.

Cela se complique encore pour General Electric France. Alors que le plan social, prévoyant la suppression de 1000 emplois notamment sur le site historique d’Alstom à Belfort, suscite la polémique, le patron de la division française de GE est aujourd’hui visé par une enquête.

Selon l’AFP, le parquet de Paris a ouvert début septembre une enquête préliminaire pour "prise illégale d'intérêt" contre Hugh Bailey. Selon une source judiciaire à BFMTV confirmant une info de l'Obs, cette enquête a été déclenchée a la suite d'un signalement de Delphine Batho, députée Génération Ecologie des Deux-Sèvres.

Un porte-parole de GE indique que les accusations sont "totalement infondées".

A ce stade, les enquêteurs de l’OCLICCF (l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales) s’intéressent de très près au parcours d’Hugh Bailey, l’actuel patron de GE en France depuis avril dernier, au sein de l’administration française.

La commission de déontologie n'avait rien trouvé à redire

Hugh Bailey appartenait en effet au cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, entre août 2014 et septembre 2016, il conseillait alors son ministre sur les garanties financières apportée par la France sur les contrats internationaux,
garanties qui ont profité à plusieurs reprises à General Electric.

Cette période coïncide également au moment où le ministre de l’Economie autorisait le rachat d’Alstom par le géant américain. Une opération controversée qui fait elle-même l’objet d’une enquête menée par le PNF (parquet national financier).

"Il convient de rappeler que la nomination de Monsieur Bailey chez GE France a été autorisée par la Commission de déontologie de la fonction publique. Il respecte par ailleurs toutes les réserves imposées par celle-ci", déclare un porte-parole de GE dans un communiqué.

En effet, dans un avis rendu le 16 novembre 2017, la commission de déontologie de la fonction publique avait jugé le parcours de Hugh Bailey "compatible" avec sa fonction au sein de GE France, sous réserve "d'une part, que l'intéressé s'abstienne de toute relation professionnelle jusqu'au 1er septembre 2019, avec les membres du cabinet du ministre de l'Economie qui étaient en fonction lorsqu'il l'était lui-même, et qui le seraient encore et, d'autre part, sous réserve qu'il s'abstienne jusqu'au 1er novembre 2020 d'avoir des relations professionnelles avec les services de la sous-direction du financement des entreprises de la direction générale du Trésor".

Hugh Bailey "n’a absolument pas travaillé sur le sujet de la vente d’Alstom" quand il était à Bercy, assurait en mai dernier son entourage, affirmant que le dossier était géré à l’époque par "le conseiller en charge des participations de l’Etat". 

OC avec AFP