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En 2016, on pourra recharger sa voiture en roulant au Royaume-Uni

Le ministère des transports va investir 500 millions de livres sterling (environ 700 millions d'euros) sur cinq ans pour faire de l'Angleterre un territoire en pointe sur les routes à induction.

Le ministère des transports va investir 500 millions de livres sterling (environ 700 millions d'euros) sur cinq ans pour faire de l'Angleterre un territoire en pointe sur les routes à induction. - Highways England

Pour booster l'utilisation des véhicules électriques, l’Angleterre va expérimenter sur ses voies express un système de rechargement par induction.

Les véhicules électriques séduisent de plus en plus d’automobilistes dans le monde. En Europe, au premier trimestre 2015, ce sont 33.835 voitures qui ont été immatriculées, dont environ 8.000 unités au Royaume-Uni. Mais, en raison de l'autonomie encore trop limitée des batteries (même si les meilleurs modèles promettent de rouler 300 kilomètres), leurs utilisateurs rechignent encore à s'aventurer hors des centres villes.

Pour pallier ce problème, des ingénieurs britanniques souhaitent appliquer au monde des transports une technologie bien connue des fabricants de smartphones : le rechargement par induction. Une méthode qui permet de se passer des câbles d’alimentation et d’assurer une recharge rapide des batteries. Séduite par le concept, l'autorité des autoroutes anglaises "Higways England" a mené une étude de faisabilité concernant le déploiement à grande échelle d'un tel système, et vient de demander au gouvernement britannique l'aménagement - à titre expérimental - de certains tronçons autoroutiers équipés de cette technologie. 

700 millions d'euros d'investissement sur cinq ans

Concrètement, il s'agit d'enfouir sous la route des câbles électriques qui, au passage d'un véhicule compatible avec cette technologie, génèrent un champ magnétique capable d'en recharger les batteries et même de les faire avancer. Or, actuellement, aucun véhicule n'est équipé des bobines à induction nécessaires pour capter l'énergie diffusée au sol. Une difficulté qui n'a pas empêché Andrew Jones, ministre britannique des routes et des transports de se laisser convaincre par le potentiel du projet.

Celui-ci vient même d'accorder 500 millions de livres sterling (environ 700 millions d'euros) sur cinq ans pour faire de l'Angleterre un territoire en pointe sur cette question et aider au développement de cette technologie. Ce plan prévoit ainsi la mise en service début 2016 de quelques voies équipées de ce système, dont le coût est évalué à 23 millions d'euros par kilomètre, et le déploiement de bornes de recharge tous les 30 kilomètres. La durée de l'expérimentation a été fixée à un an et demi. 

La Corée du Sud recharge ses bus par induction

En Corée du Sud, les véhicules de transport en commun hybrides ou électriques sont plus répandus qu'en Europe. Dans la ville de Gumi, un couloir de bus, d'une longueur de 34 kilomètres, incluant un système similaire de rechargement par induction a été déployé. Il permet ainsi à ces véhicules d'assurer des performances optimales tout au long de leur itinéraire.

Antonin Moriscot