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"Décarboner l'Europe", le combat qui réunit EDF, Michelin et Montebourg

À l'appel du think-tank The Shift Projet, un manifeste appelle le futur président français et les États européens à mettre rapidement en oeuvre les promesses de l'Accord de Paris sur le climat. (image d'illustration)

À l'appel du think-tank The Shift Projet, un manifeste appelle le futur président français et les États européens à mettre rapidement en oeuvre les promesses de l'Accord de Paris sur le climat. (image d'illustration) - Jonathan Nackstrand - AFP

Signé par 1.900 personnes, dont de grands patrons et dirigeants politiques, un manifeste publié mardi 21 mars appelle le futur président français et les États européens à se "réveiller" et agir "au plus vite" pour "décarboner l'Europe" afin de "garantir la paix".

Quinze mois après la signature de l'Accord de Paris sur le climat, des personnalités du monde économique, académique et politique ont lancé un "appel à se réveiller" en signant un "manifeste pour décarboner l'Europe" d'ici à 2050. À l'origine de ce manifeste, le groupe de réflexion sur la transition énergétique "The Shift Projet" estime que "les solutions techniques et organisationnelles sont là" et qu'il "ne tient qu'à la volonté des Européens d'inventer l'Europe post-carbone".

Parmi les 1.900 signataires de ce texte figurent notamment les patrons d'EDF, Bouygues, Vinci, Michelin, SNCF, ADP, Areva, Vallourec, l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, des économistes ou encore des universitaires. Ensemble, ils appellent à "bâtir au plus vite un plan d'actions" à la mesure de l'enjeu du climat, pour "aboutir en 2050 à des émissions de gaz à effet de serre aussi proches que possible de zéro". Selon eux, "l'Accord de Paris sur le climat engage l'Europe à réinventer la totalité de son économie" mais que "tout ou presque reste à faire". 

Le problème de réchauffement climatique "est mal traité" dans les débats politiques 

Il faut "bousculer" avec une "révolution douce" et cesser de prendre des mesures "anecdotiques" face au défi climatique, souligne Jean-Marc Jancovici, le président du think tank. Selon lui, la politique actuellement menée par les États européens ne permet "en rien d'espérer limiter le réchauffement à 2°C" et donc "ne permet pas de garantir la paix".

Jean-Marc Jancovici déplore également que le problème du réchauffement climatique est "mal traité dans les débats politiques", observant qu'"une seule question sur l'environnement" a été posée aux candidats à l'élection présidentielle lors du débat télévisé de lundi sur TF1.

Il juge "un peu futile de se préoccuper de nos retraites ou de savoir si l'école primaire sera capable de correctement remplir sa fonction" sans s'occuper en même temps des conditions de stabilité et de l'espérance de vie sur Terre.

Les engagements des États sont insuffisants

Fin 2015, 195 nations ont adopté l'accord de Paris pour limiter le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport à la révolution industrielle, et ainsi atténuer un dérèglement généré largement par la combustion des énergies fossiles. Mais pour les scientifiques, cette limite reste encore très élevée, et les engagements nationaux pris à ce stade insuffisants.

The Shift Project a élaboré, en parallèle du manifeste, neuf propositions, non endossées par les signataires. Parmi elles: fermer toutes les centrales à charbon, généraliser la voiture consommant moins de 2 litres aux 100 km, révolutionner le transport en ville, redonner l'avantage au train, rénover les logements anciens et les bâtiments publics, ou encore réussir le passage à l'agriculture durable.

A.M. avec AFP