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Commerce: Moscou attaque l'Europe

Vladimir Poutine s'oppose à l'Europe sur le plan économique, avec un recours à l'OMC et une union douanière.

Vladimir Poutine s'oppose à l'Europe sur le plan économique, avec un recours à l'OMC et une union douanière. - -

Moscou et Bruxelles s’opposent depuis plusieurs mois sur l’économie et l’énergie. Dernier épisode de date : la Russie a lancé une procédure contre les taxes énergétiques imposées par l’Europe à ses exportations.

La Russie multiplie les gestes politiques, avec la libération de l’ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski et la fin des poursuites contre les 30 militants de Greenpeace. Mais dans l’économie, Moscou est beaucoup moins conciliante.

Le Kremlin a lancé en début de semaine, une procédure à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les taxes énergétiques imposées par Bruxelles à certains secteurs. L’Union européenne avait, en effet pris une série de mesures entre 1995 et 2012 qui pèsent sur les exportations russes.

Une réponse à une saisie précédente de Bruxelles

Selon Bruxelles, ces mesures sont justifiées par les prix de l’énergie très faibles dont bénéficient les industriels russes, ce qui handicape la compétitivité et la concurrence avec l’Europe. Mais pour Moscou, ces taxes comportent "des infractions aux règles internationales".

Les secteurs touchés, principalement la métallurgie et la chimie, auraient ainsi perdu "des centaines de millions de dollars par an", selon le ministère russe de l’Economie. La procédure lancée par Moscou est aussi une façon de répondre à celle lancé par l’Union européenne concernant l’automobile.

Bruxelles a saisi l’OMC en juillet dernier pour protester contre une taxe russe sur le recyclage des voitures pour les véhicules importés. Ce différend est actuellement devant un panel d’experts, qui doivent encore trancher.

Une première pour Moscou

La décision de saisir l’OMC comme arbitre est une première pour Moscou. La Russie a rejoint l’organisation en aout 2012, après 18 ans de négociations. Cette adhésion a entraîné une baisse des droits de douane russes, mesure qui ne satisfait pas les industriels qui s’estiment trop peu préparés à la concurrence étrangère.

Face à l’Union européenne, le Kremlin va lancer une union douanière au 1er janvier 2015. L’union économique eurasiatique réunira dans un premier temps la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie, à laquelle Moscou va accorder un prêt de 2 milliards de dollars.

La Russie souhaite aussi rallier l’Ukraine à cette union douanière, au grand dam des Européens. Kiev a conclu un accord avec Moscou, qui va lui verser 15 milliards de dollars via l’achat de titres de dette publique, ainsi qu’un rabais de 30% sur le prix du gaz.

A.D.