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Comment Bercy veut tenir la hausse des prix de l'électricité à 4% en 2022

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a confirmé l'abaissement de taxes. Et compte également relever la quantité d'électricité vendue à bas coût par EDF à ses concurrents.

Bercy cherche la parade à la hausse des prix de l'électricité. Dans un entretien au Parisien, le ministre de l'Economie a détaillé la stratégie de Bercy à l'égard de l'énergéticien EDF. Il a confirmé son intention de baisser les taxes, comme l'avait déjà évoqué l'exécutif. La principale, la Taxe intérieure de l'électricité (TICFE), a été ramenée de 22,5 à 0,5 € au mégawattheure (MWh).

De quoi récupérer 8 milliards d'euros. "Cela nous permettait de couvrir environ 15 points de hausse du prix de l’électricité", a souligné le ministre. Mais il a évalué à 35% l'augmentation du prix de l'électricité : pour compenser la différence, il a donc annoncé une autre mesure, faisant cette fois peser la charge sur EDF.

Nous allons donc mettre en œuvre une mesure complémentaire en augmentant de 20 térawattheures (TWh) le volume d’électricité nucléaire vendu à prix réduit par EDF à ses concurrents, pour le faire passer à titre exceptionnel de 100 à 120 TWh. Cette mesure sera automatiquement répercutée sur la facture des particuliers, que ce soit les ménages ou les entreprises qui achètent leur électricité au tarif régulé.

En fonction des prix du marché, le coût imputé à l'énergéticien serait de 7,7 milliards à 8,4 milliards d’euros, calcule Le Maire. Pour adoucir la facture d'EDF, le tarif de vente a été augmenté pour ces 20 TWh supplémentaires : il sera de 46,2 € / MWh, contre 42 prévus habituellement dans le cadre de cette procédure, l'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique).

"J’en ai informé la Commissaire européenne Margrethe Vestager, avec laquelle nous avons eu de nombreuses discussions sur le sujet. Nous sommes d’accord sur cette mesure", a précisé Bruno Le Maire. Bruxelles veillant attentivement sur d'éventuelles pratiques de subvention.

S'assurer de la coopération des fournisseurs

Reste ensuite à répércuter l'économie sur la facture des ménages et entreprises françaises. Bercy a mandaté la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour qu'elle rédige un rapport relatif à ces nouvelles livraisons à bas coût pour les fournisseurs indépendants, deux mois après celles-ci.

L'impact sur la facture pour les 28% de clients qui ne sont pas chez EDF devrait être automatique, selon le ministre. Les consommateurs seront en dernier ressort les seuls juges :

Libre aux consommateurs concernés de changer de fournisseur s’ils s’aperçoivent que les règles n’ont pas été respectées pour leur contrat.

Bruno Le Maire a enfin précisé qu'aucun rattrapage n'est attendu pour 2023. Enfin, concernant le carburant, rien n'est prévu par Bercy, en dehors de l'indemnité inflation accordée à 38 millions de Français et annoncée par Jean Castex en octobre.

Valentin Grille