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Aux Emirats arabes unis, la pluie tombe sur commande

Les Emirats arabes unis utilisent la chimie pour obtenir de l'eau. (image d'illustration)

Les Emirats arabes unis utilisent la chimie pour obtenir de l'eau. (image d'illustration) - Ethan Miller - Getty Images North America - AFP

Les ressources en eau des Emirats arabes sont très faibles. Pour y remédier, le pays s’appuie sur la chimie via l’ensemencement des nuages. Objectif : qu’il pleuve quand les besoins en eau augmentent.

Tous les moyens sont bons pour capter de l’eau. Une idée partagée par les états qui figurent parmi les dix territoires les plus arides au monde. Les Emirats arabes unis font partie de ceux-ci. Le petit état fédéral, créé en 1971 entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, ne reçoit annuellement que 78 millimètres de précipitations. A titre de comparaison, selon les données de la Banque mondiale, le sol français reçoit en moyenne 850 mm de pluie par an et le Royaume-Uni 1.220 millimètres.

Ainsi, depuis quelques années déjà, l’aéroport d’Al-Aïn, situé dans une zone désertique de l’ouest du pays, sert de base au Centre national de météorologie et sismologie (CNMS). L'organisme est chargé de mener à bien le programme d’ensemencement du ciel fixé par le gouvernement, et donc de faire pleuvoir sur commande. Pour y parvenir, et sous réserve que le ciel soit couvert, chercheurs et techniciens disposent de nombreux avions prêts à décoller. Lorsqu'ils sont dans les airs, les pilotes larguent alors des cristaux de sel dans les nuages, ce qui permet d'augmenter la condensation et donc de provoquer une pluie artificielle. 

La pluie rend les gens heureux

Mark Newman, co-pilote au CNMS, est fier de travailler sur ces missions. Il raconte à l'AFP que "dès qu'il y a de la pluie, il y a beaucoup d'excitation. On peut entendre que les gars sont heureux et c'est fantastique !" 

Toutefois, l'ensemencement des nuages est un procédé pour l'instant utilisé à titre expérimental. 

La majorité des ressources en eau du pays provient de grandes usines de dessalement. Sur ce créneau-là, les Emirats sont d'ailleurs le deuxième producteur mondial juste après leurs voisins d'Arabie Saoudite. Problème, ces installations sont coûteuses et leur rendement est jugé faible à côté du potentiel offert par la chimie.

Malgré un coût plus élevé : 35 dollars environ par fusée tirée auxquels s'ajoutent les coûts de vol et d'entretien des avions, l'ensemencement du ciel est plus rentable. "En 2009 ou 2010 il y a eu de grosses averses car les avions fonctionnaient à plein régime" précise le directeur du CNMS, Omar al-Yazeedi, avant d'ajouter que "cette production correspondait à l'équivalent de neuf années d'exploitation des usines de dessalement". 

D'autres pays commandent également la pluie. C'est notamment le cas de la Chine ou des Etats-Unis. Du côté de la France, une technique similaire est utilisée par les agriculteurs afin de limiter les impacts de la grêle sur leurs productions. 

Antonin Moriscot