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Drôme : licenciés, ils doivent former leurs successeurs polonais

Des salariés en cours de licenciement devront former leurs successeurs polonais.

Des salariés en cours de licenciement devront former leurs successeurs polonais. - -

Le groupe américain Newell Rubbermaid a demandé à ses employés en cours de licenciement du site de Malissard dans la Drôme de former leurs successeurs polonais. Une démarche qui écœure les salariés.

Des salariés du groupe américain Newell Rubbermaid, fabricant de stylos Waterman, Reynolds et Parker, devront former leurs successeurs polonais, avant d’être licenciés.

Il s’agit de six salariés du service clients du site de Malissard dans la Drôme. L'industriel va délocaliser son service clients en Pologne. Ces salariés devront former leurs successeurs pendant une ou deux semaines, en novembre, moyennant une prime de 1000 euros.

Une formation qui choque les employés : « Je n’ai rien contre la personne en elle-même, dit Elisabeth, responsable du service clients. Je ferai un peu de la rétention d’information. On a un savoir-faire, on a travaillé des années avec des clients. Je n’ai pas envie d’aller expliquer ce que j’ai appris pendant 17 ans à des Polonais qui vont nous prendre notre travail. Ça fait mal au cœur ».

« Frustrant pour les salariés »

Thierry Cormerais, délegué central CFDT du groupe, le confirme : « Ca choque effectivement. C’est un peu frustrant pour les salariés d’avoir travaillé 20 ans ou même plus dans une entreprise et puis au dernier moment avant de partir on leur dit 'je te licencie mais avant il faudrait que tu formes les gens'. Mais que ce soit des Italiens, des Polonais ou des Espagnols, la réaction serait exactement la même ».

La restructuration du groupe entraîne le licenciement de près de 100 personnes au total en France, à Saint-Herblain (en Loire Atlantique) et Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Mercredi, tous les salariés du groupe étaient en grève.

La rédaction avec Aurélia Manoli