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Vuitton, Chanel & l'Ukraine: une semaine de luxe business

Nicolas Ghesquière a ouvert une nouvelle ère chez Louis Vuitton.

Nicolas Ghesquière a ouvert une nouvelle ère chez Louis Vuitton. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Qui a racheté quoi, lequel a été nommé où, quelle marque a le vent en poupe? Retrouvez toute l'actualité business de la semaine dans le secteur du luxe et de la mode, compilée par la rédaction de BFMBusiness.com.

L'Ukraine et le luxe, Chanel et la grande distribution, le low cost et les fortunes… Mélange des genres ces jours-ci sur le front du business chic. Voici ce qu'il faut retenir de la semaine qui s'est achevée le 7 mars.

> Les griffes de luxe impactées en bourse par l'Ukraine

A priori, rien à voir entre la mode et la crise en Ukraine. Sauf que. Lundi, au plus fort de la tension diplomatique, alors que les Occidentaux menacent la Russie de rétorsion économique, les cours de LVMH, Kering, Richemont ou Hermès baissent. Une chute jusqu'à près de 3% pour le groupe de Bernard Arnault.

Pourquoi? Les Russes fortunés représentent la deuxième catégorie qui dépense le plus dans le luxe lorsqu'ils font du tourisme, juste derrière les Chinois. Ils pèsent pour 5% à 7% du marché mondial des produits de luxe, selon Exane BNP Paribas. Une clientèle qui dépense majoritairement ses roubles à Milan, Rome et Paris. Si parmi d'éventuelles sanctions économiques, l'octroi de visa venait à être limité, l'effet sur les ventes de produits griffés serait immédiat.

> H&M et Zara rapportent plus que les marques de luxe?

En tout cas, leurs propriétaires sont bien plus riches que celui de Louis Vuitton et Céline. Amancio Ortega, fondateur d'Inditex, la maison mère de Zara et autres Massimo Dutti, rafle ainsi la troisième place du classement Forbes des milliardaires 2014. L'Espagnol a même creusé l'écart avec son challenger, Warren Buffet. Sa fortune s'élève à 64 milliards de dollars, en hausse de 7 milliards par rapport à 2013.

Un peu plus loin, on trouve Stefan Persson, PDG d’H&M et de &OtherStories, douzième avec un pactole de 34,4 milliards. Et seulement quinzième, Bernard Arnault, président du numéro un mondial du luxe, LVMH (33,5 milliards). La famille Pinault, qui détient pourtant Gucci, Stella McCartney ou encore Saint Laurent, est reléguée en queue de peloton, à la 58ème place du classement (15,5 milliards).

> Chanel se lance dans la grande distribution

Bon, juste le temps d'un défilé, pour le show le plus délirant de la fashion week prêt-à-porter à Paris, qui se terminait cette semaine. Le 4 mars, les invités ont trouvé, en guise de catwalk au Grand Palais, un vrai supermarché, avec rayonnages débordant de Jambon Cambon (la rue du magasin Chanel historique) et de CoCoquillettes! Flanant dans les allées, des mannequins en baskets qui jouent avec des chariots. Karl Lagerfeld explique avoir voulu évoquer le "reflet du quotidien dans le luxe".

Les flageolets Chanel vous n'en rêviez pas, Karl l'a fait quand même... #pfw #chanel #grandpalais @PublicFR pic.twitter.com/8wriuRu8kf
— Leslie Benaroch (@Lesliebenaroch) 4 Mars 2014
Chanel a tes pieds :D pic.twitter.com/vApYzEQ0vc
— Carton Magazine (@cartonmagazine) 4 Mars 2014

A la fin du spectacle, les paillassons aux C entrecroisés, les mouchoirs estampillés "les chagrins de Gabrielle", les eaux minérales 'Eau de Chanel' se sont arrachés dans une ambiance à la limite de l'émeute. Vu les scènes de pillages (ci-dessous en vidéo), la marque peut envisager sereinement une reconversion.

> Nicolas Ghesquières 'élitise' Vuitton

Dernier jour de la PFW, l'ex-directeur artistique de Balenciaga présentait son premier défilé pour Louis Vuitton, dans la cour carrée du Louvre, le 5 mars. On a vu des décolletés bronchitiques, des jupes triangle ceinturé haut, du cuir, du tweed, du brillant. On a vu surtout des accessoires, des sacs, à profusion, et notamment une petite cassette en forme de mini malle Vuitton monogrammée, qui devrait se vendre comme des petits pains. Il vaut mieux: la maroquinerie assure environ 80% des ventes totales de Vuitton, selon HSBC.

Matières brutes, couleurs naturelles, du chair au brun, quelques notes de fauve et bleu jean. Des codes qui tranchent avec le style flamboyant du prédécesseur, Marc Jacobs. Mais la maison-mère, dont LV est la vache à lait, souhaitait une rupture. Car si le créateur américain a réussi, en 16 ans d'exercice, à faire de Vuitton la marque la plus rentable du luxe, sa croissance a nettement calé ces derniers temps. Elle a donc opéré un virage vers le très haut de gamme, des produits plus exclusifs, au luxe moins tapageur. Une ligne de conduite parfaitement intégrée par Nicolas Ghesquière.

Nina Godart