BFM Business

Vœux: Publicis fait soft en 2017

Les voeux 2017 de Maurice Lévy sont un peu moins fous que d'ordinaire.

Les voeux 2017 de Maurice Lévy sont un peu moins fous que d'ordinaire. - Publicis

Le groupe, qui nous avait habitués à des vœux en vidéo toujours plus délirants, bardés de nouvelles technologies attestant du génie de ses agences de publicité digitale, la joue très traditionnel et simple cette année.

La pratique peut paraître un peu désuète, mais dans l'univers professionnel, envoyer ses vœux reste un impératif à en croire les experts des ressources humaines. Certaines entreprises sont passées maîtres dans cet art, et leurs publications sont chaque année de petits événements en soi. C'est le cas de Publicis, qui depuis huit ans, met en scène son patron Maurice Lévy en vidéo, toujours dans son bureau parisien, et toujours avec des surprises plus drôles et innovantes.

Pour ses vœux 2013 par exemple. Dans "Human YouTube player", les équipes de Publicis ont utilisé avec brio des commandes de la plateforme vidéo. Lorsqu'on clique sur pause, on voit le boss poser ses notes, se balancer sur sa chaise et regarder sa montre. Maurice Lévy chuchote quand vous baissez le son, et jette la moitié de ses notes quand vous cliquez pour ne voire que la fin de la vidéo. La vidéo, récompensée par un WW Award, sera visionnée plus de 200.000 fois.

En 2014, dans "The More, The Merrier" (plus on est de fous plus on rit), encore plus fort. Les spectateurs doivent mettre en marche leur webcam. Un logiciel détecte le nombre de personnes en train de regarder l'écran, et plus il y a de monde, plus le spectacle devient loufoque. Seul, vous regardez des vœux classiques. À deux, des cotillons pleuvent sur Maurice, à cinq, ça devient la fête costumée, et ainsi de suite, jusqu'à 10 et le méga-spectacle avec pom-pom girls. Un clin d'œil aux fiançailles avec Omnicom (qui, Maurice Lévy ne le sait pas encore à ce moment-là, seront brisées en 2015).

Fin 2014 pour les voeux 2015, "The Very Good Wishes" fait à nouveau figure de démonstration des talents digitaux du groupe. La vidéo se regarde sur smartphone et tablette, et se transforme en jeu interactif avec pince géante, comme dans les fêtes foraines, que l'internaute doit manier pour attraper les nounours dont est submergé Maurice Lévy.

Mais cette année (comme déjà un peu l'année dernière, où le président revenait sur la fusion ratée avec Omnicom), la fête est moins folle. Il faut dire que le géant de la pub semble enchaîner les déboires depuis la rupture des fiançailles avec son concurrent américain. L'ex-numéro 2 que Maurice Lévy voyait comme son successeur a attaqué Publicis en justice, les résultats financiers sont décevants, et le groupe a déploré la perte des portefeuilles des géants L'Oréal (aux États-Unis) et Procter & Gamble, après s'être déjà fait souffler Coca et Mondelez. 

Du coup, dans la vidéo "What's Next", Publicis opère un retour à un format plus traditionnel, moins fanfaron. On y voit le PDG évoquer les "dures leçons" apprises cette année. Un peu d'humour quand même: Maurice Lévy, qui a annoncé son départ en retraite pour mai, y souhaite plein de bonnes choses à son groupe, ses clients, ses salariés… pendant que des déménageurs vident son bureau. Son bureau qui, apprend-t-on à la fin de la vidéo, pourra exceptionnellement être loué sur Airbnb, un type d'évènement dont le groupe de location entre particulier s'est fait le spécialiste

N.G.