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Vivendi a réussi à ravir Gameloft à ses fondateurs

Dans les locaux de Gameloft, à Manhattan (New York), en 2009.

Dans les locaux de Gameloft, à Manhattan (New York), en 2009. - Flickr cc - Blake Patterson

"Le groupe dirigé par Vincent Bolloré détient désormais 61,71% du capital et 55,61% des droits de vote de l’éditeur de jeux vidéo."

L'Offre publique d'achat (OPA) hostile de Vivendi sur Gameloft a porté ses fruits. La maison mère de Canal+ et de l'agence Havas a réussi à prendre le contrôle de l'éditeur français de jeux vidéo sur mobiles, a annoncé ce mardi après-midi l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Cette OPA s'achevait vendredi soir. Le groupe dirigé par Vincent Bolloré disposait lundi d'au moins 61,71% du capital et 55,61% des droits de vote de Gameloft, a précisé l'AMF, qui publiera le résultat définitif de l'offre d'ici jeudi. 

Une OPA de 3 mois et demi

Vivendi était entré au capital de l’éditeur de jeux vidéo en octobre 2015. Dès cette entrée impromptue de Vivendi à son capital, Gameloft avait déclaré son opposition à toute alliance avec le groupe de Vincent Bolloré, dont le but est d'ajouter les jeux vidéo à son portefeuille d'actifs. Mais la maison-mère de Canal+ a lancé une OPA à la mi-février, et a réussi à monter progressivement au capital, parvenant à convaincre au fur et à mesure des actionnaires de l’intérêt de lui revendre leurs parts.

Dès le lancement de ce raid boursier, Gameloft a répété que l'opération ne présentait "aucun intérêt stratégique", qu'elle n'était "pas de nature à créer des synergies substantielles" et qu'elle "sous-évaluait significativement la société". Les Guillemot ont lancé des contre offres, ce qui a forcé Vivendi à relever sa propre offre à deux fois pour emporter le morceau, valorisant finalement Gameloft à hauteur de 700 millions d'euros. L'entreprise emploie 7.000 personnes à travers le monde. Ses fondateurs n’avaient évidemment pas la force de frappe financière nécessaire pour réussir à racheter la majorité des actions à un cours supérieur à celui proposé par Vivendi. 

Recours en justice

Toutefois, l'issue définitive du processus reste suspendue à une décision de la Cour d'appel de Paris, qui devrait intervenir en septembre. Les dirigeants de Gameloft ont en effet engagé un recours en justice. L’éditeur de jeux vidéo conteste l'autorisation donnée par le gendarme de la Bourse de Paris à l'OPA. Si la Cour d'appel de Paris a refusé début mai de prononcer un sursis à exécution, qui aurait gelé l'offre, elle doit encore se prononcer sur le fond.

Vivendi s'est en conséquence engagé à placer les titres Gameloft acquis dans le cadre de son offre sur un compte bloqué, en cas de décision de justice contestant la validité de l'OPA.

Désormais, reste à voir si Vivendi poursuivra sa stratégie en essayant dans les prochains mois de monter encore davantage au capital d'Ubisoft, un autre éditeur de jeux vidéo, également fondé par la famille Guillemot.

A.R. avec AFP