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Vivendi va croquer sa proie Gameloft au prix fort

Alors que l'offre publique d'achat (OPA) de Vivendi sur Gameloft a été close vendredi 27 mai, le sort de l'éditeur de jeux vidéo pour mobile semble réglé et les frères Guillemot devraient perdre le contrôle de leur société.

Alors que l'offre publique d'achat (OPA) de Vivendi sur Gameloft a été close vendredi 27 mai, le sort de l'éditeur de jeux vidéo pour mobile semble réglé et les frères Guillemot devraient perdre le contrôle de leur société. - Eric Piermont-AFP

"Vivendi peut compter sur 47% du capital de l'éditeur de jeux vidéo. Sa dernière offre, close vendredi 27 mai, valorisait sa proie à 700 millions d'euros, le double de la valeur de Gameloft au début de l'offensive du groupe de médias, qui vise désormais le contrôle d'Ubisoft."

Vivendi va payer au prix fort Gameloft après une féroce bataille boursière qui l'a opposé à la famille Guillemot, qui contrôle l'éditeur de jeux. Alors que l'offre publique d'achat (OPA) de Vivendi sur Gameloft a été close vendredi 27 mai 2016, Vivendi peut déjà compter sur quelque 47% des titres.

L'assaillant avait reçu un appui de poids la semaine dernière quand le fonds britannique Amber Capital a annoncé qu'il apportait sa part de près de 15% dans Gameloft. Pour maximiser leur participation, la plupart des fonds ont dû apporter leurs titres à l'offre au prix relevé deux fois par Vivendi de 8 euros, valorisant le groupe à quelque 700 millions d'euros. Le prix de cette offre représentait le double de ce qu'elle était au cours de clôture de l’action de Gameloft au dernier jour de négociation précédant l’annonce de l’entrée au capital de l'éditeur de jeux vidéo par Vivendi, soit le 14 octobre 2015. Vivendi va donc payer cher sa proie.

Même s'il va falloir attendre au plus tard jeudi 3 juin 2016, selon Euronext, pour savoir quelle part exacte du capital de Gameloft se trouve désormais dans les mains du groupe de Vincent Bolloré, le succès de cette offre hostile paraît probable pour les observateurs.

La Cour d'appel de Paris doit trancher un ultime recours des Guillemot

L'issue définitive du processus reste cependant suspendue à une décision de la Cour d'appel de Paris après un recours engagé par l'éditeur de jeux mobiles. La famille Guillemot, qui comprend cinq frères, tous actionnaires, a contesté en justice l'autorisation donnée par le gendarme de la Bourse de Paris à cette opération. Et si la Cour d'appel de Paris a refusé début mai 2016 de prononcer un sursis à exécution, qui aurait gelé l'offre, elle doit encore se prononcer sur le fond. Vivendi s'est de son côté engagé à placer les titres Gameloft acquis dans le cadre de son offre sur un compte bloqué, en cas de décision de justice contestant la validité de l'OPA.

La bataille devrait maintenant se déplacer sur sa société soeur Ubisoft, joyau de la famille Guillemot dont Vivendi détient 17,7% du capital. L'éditeur des jeux "Assassin's Creed" et "The Division" est une proie plus conséquente valorisée 3,6 milliards d'euros en Bourse.

Si Vivendi a indiqué ne pas vouloir lancer d'OPA sur Ubisoft pour le moment, le groupe revendique un siège à son conseil d'administration pour pouvoir influer sur sa stratégie. Ubisoft se démène déjà pour trouver des alliés parmi ses actionnaires, de la Bretagne au Canada, afin de se battre contre un "contrôle rampant" de Vivendi. L'équilibre des forces entre l'attaquant et la famille Guillemot devrait être connu lors de l'assemblée générale des actionnaires en septembre 2016.

F.Bergé