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TNT en Ile-de-France: les candidats se bousculent

Deux des trois chaînes TNT franciliennes nées en 2008 sont mortes.

Deux des trois chaînes TNT franciliennes nées en 2008 sont mortes. - TDF

Bolloré, le Figaro et Marc Laufer... Les candidats pour lancer une chaîne locale sur l'Ile-de-France ne manquent pas.

La télévision -même locale- fait toujours rêver. Contre toute attente, de nombreuses candidatures sont déposées pour une fréquence TNT en Ile-de-France -la date butoir étant ce vendredi 30 janvier à 15 heures.

Parmi elles, on compte plusieurs surprises. A commencer par un projet porté par Marc Laufer. L'homme de confiance de Patrick Drahi postule avec une chaîne consacrée à l'entreprise et l'innovation, avec l'objectif d'apporter des informations pratiques au tissu économique francilien. La chaîne devrait employer une vingtaine de journalistes. Le budget -4 millions d'euros par an- sera financé par du sponsoring, des co-productions, et très marginalement par de la publicité. Le projet sera financé initialement par Marc Laufer seul, qui apportera 1 million d'euros de fonds propres. Patrick Drahi, son associé dans Libération et
l'Express, pourrait éventuellement le rejoindre ultérieurement.

Associations nordistes

De son côté, le groupe Bolloré confirme aussi qu'il dépose une candidature. Selon la Lettre A, l'industriel breton est associé à la Voix du nord. Reste que cette candidature risque d'être accueillie fraîchement au vu de l'historique de Bolloré. En effet, l'industriel breton avait déjà décroché en 2010 une fréquence de télévision locale sur la Côte d'Azur, avant de la rendre l'année suivante... Surtout, il a revendu avec une jolie plus-value D8, la chaîne TNT nationale qui lui avait été octroyée en 2005... 

Autre candidat déclaré: le Figaro, qui s'est associé avec un autre nordiste: le groupe Secom, qui détient les chaînes Melody TV et Grand Lille TV.

Gonfler la diffusion en HD

Enfin, et non des moindres, les deux chaînes locales actuellement diffusées en TNT sur l'Ile-de-France, IDF1 et BFM Business (à qui appartient ce site web), postulent toutes deux. En obtenant un second canal, elles veulent ainsi passer à une une diffusion en haute définition. En revanche, le Monde, dont le nom circulait, indique qu'il ne sera pas candidat. 

Reste qu'une telle bousculade surprend. Car les télévisions locales n'ont toujours pas trouvé leur modèle économique, même sur le plus grand bassin économique du pays qu'est l'Ile-de-France.

Sur les trois chaînes franciliennes lancées en 2008, deux sont déjà mortes. Cap 24 a déposé son bilan en 2010, pour être repris par BFM Business. Et NRJ Paris, après avoir cumulé 20 millions d'euros de pertes nettes, a rendu sa fréquence l'an dernier, ouvrant la voie à l'appel à candidatures actuel. La seule survivante, IDF 1, reste déficitaire (630.000 euros de pertes nettes en 2013).

Quant à Téléssonne, chaîne du câble financée par le département, elle rêvait de postuler à cette fréquence de TNT, mais n'en n'aura pas eu le temps: elle a été liquidée en octobre.

Jamal Henni