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Sibyle Veil remplace Mathieu Galletà la tête de Radio France

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Sibyle Veil succédera à Mathieu Gallet, dont le mandat a été révoqué en janvier, à partir du 16 avril.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a annoncé jeudi qu'il nommait Sibyle Veil, actuellement directrice déléguée en charge des opérations et des finances du groupe audiovisuel, à la présidence de Radio France pour un mandat de cinq ans.

Enarque, âgée de 40 ans, elle a été conseillère de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, a travaillé aux Hôpitaux de Paris, avant d'être recrutée mi-2015 par Mathieu Gallet.

Si Sibyle Veil ne travaille dans la radio que depuis moins de trois ans, sa candidature présentait plusieurs atouts. D'abord, c'est une femme. Ensuite, c'est une proche du couple Macron: elle et son mari Sébastien Veil sont de la même promotion qu'Emmanuel Macron à l'ENA. Enfin, c'est une solution de continuité par rapport à l'équipe en place, qui la soutient. Mathieu Gallet lui-même avait souhaité que son successeur vienne de l'interne: "Je serais heureux que quelqu'un de mon équipe se présente devant le CSA", a-t-il déclaré au Figaro.

Un projet dans la continuité

Sibyle Veil avait présenté son projet mercredi 11 avril devant le CSA. "J'ai toujours aimé la radio et la radio de service public m'a toujours accompagnée dans ma vie", avait-elle assuré.

Elle avait fait valoir sa bonne connaissance de la Maison Ronde ainsi que son expérience en matière de réformes, "ayant déjà conduit des changements au sein d'organisations de service public".

"Il faut préparer Radio France pour qu'elle soit le fer de lance de la mutation de l'audiovisuel public", avait-t-elle indiqué, proposant notamment que franceinfo "devienne le coeur de l'information chaude sur l'international", en travaillant avec France Médias Monde, ou encore que le service investigation de Radio France coordonne "des enquêtes à l'échelle de toutes les rédactions du service public".

Parmi ses priorités: la "révolution des usages", le positionnement stratégique des antennes, l'"ouverture sur la jeunesse et la création", mais aussi l'ouverture d'un chantier "sur l'éditorial et la production" avec "le décloisonnement de certains des 240 métiers".

"La grève de 2015 nous a enseigné que pour être légitime, ce travail doit être pensé avec les équipes", avait-elle ajouté.

Elle avait également souligné qu'elle veillerait à l'indépendance de Radio France: "j'ai commencé ma carrière au Conseil d'Etat et j'ai ce souci d'indépendance chevillé au corps".

Les autres candidats étaient François Desnoyers (62 ans), Guillaume Klossa (45 ans), Bruno Delport (53 ans), Jérôme Batout (39 ans) et surtout Christophe Tardieu (53 ans), directeur général délégué du CNC (Centre national du cinéma), qu’on disait soutenu par la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

A.M. avec J.H.