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Salaires des coureurs: ce n'est pas la roue de la fortune !

L'organisation du tour de France reverse 2 millions d'euros de gains aux coureurs.

L'organisation du tour de France reverse 2 millions d'euros de gains aux coureurs. - Lionel Bonaventure-AFP

La mondialisation du cyclisme n'a pas fait exploser les salaires. Hormis des stars très bien rémunérées, le vélo paie moins ses "héros" que les autres sports médiatisés.

Le vainqueur du tour de France 2015 touchera 450.000 euros (comme en 2014) soit six fois moins que le prochain gagnant du tournoi de tennis de Wimbledon et son 1,88 million de livres (2,6 millions d'euros) de gain !

La grande boucle est pourtant la plus médiatisée des épreuves cyclistes. Les télévisions du monde entier suivent, à partir de ce samedi 4 juillet 2015 et pendant trois semaines, les exploits des 22 formations de 9 coureurs chacune, parmi lesquelles une première équipe vient même d'Afrique du Sud.

Pour la plupart des coureurs, le tour de France est, surtout, l'occasion rêvée d'arrondir leurs fins de mois. Car ils ne roulent pas forcément tous sur l'or.

Des salaires de 7.000 à 15.000 euros brut pour un équipier

Les équipiers participant à la grande boucle touchent des salaires mensuels de 7.000 à 15.000 euros brut, précise Marc Madiot, manageur de l'équipe Française des Jeux, dans un entretien au quotidien Le Parisien.

L'Union cycliste internationale a fixé un salaire minimal de... 29.370 euros brut annuel pour un jeune coureur passé professionnel dans une équipe estampillée World Team, engagée sur les grandes épreuves mondiales. 

Ces salaires sont très éloignés de ceux des quelques rares millionnaires en euros du peloton. C'est le cas du coureur espagnol Alberto Contador (5 millions de revenus annuels estimés) ou du cycliste anglais Christopher Froome (4 millions d'euros par an), selon Le Parisien.

Une prime de 8.000 euros pour un vainqueur d'étape du Tour

Au total, les coureurs du Tour devront se partager 2,030 millions euros de primes. Le vainqueur d'une étape raflera 8.000 euros pour alimenter sa besace. S'il remporte un sprint intermédiaire pendant une étape, ce sont 1.500 euros qui lui seront attribués. Pour un excellent grimpeur qui passe en tête d'un col de montagne hors catégorie, ce sont 800 euros qui viendront enrichir sa cagnotte.

Le cyclisme étant un sport individuel qui se pratique en équipe, le coureur d'une des 22 équipes engagées pourra recevoir aussi les primes accordées aux équipes pendant le Tour. Celle qui aura remporté le classement par équipes décrochera le gros lot de 50.000 euros.

Ces gains glanés par l'équipe sont en général partagés entre les coureurs à l'issue du Tour voire reversés dans une cagnotte redistribuée en fin de saison.

Très peu de compétitions s'avèrent rémunératrices

Mais, le Tour de France reste une brillante exception au cours de la saison cycliste professionnelle. Si l'argent ne coule pas à flot dans le cyclisme, cela tient avant tout à son modèle économique particulier.

Les grandes épreuves à étapes ou les "classiques" d'un jour (Paris-Roubaix, Milan-San Remo) sont gratuites pour le public et aucune billetterie ne vient gonfler les recettes des organisateurs de compétitions cyclistes.

"Les seuls grands événements rémunérateurs sont le Tour, le Giro et quelques grands classiques. 70% à 80% des épreuves du calendrier sont organisées par des bénévoles et elles sont contentes quand elles ne perdent pas de l'argent" explique Marc Madiot, manager de l'équipe FDJ, dans Le Parisien.

En outre, les droits de retransmission télévisuelle des grandes épreuves (Tour de France ou Giro en Italie) sont captés par les organisateurs privés comme la société Amaury Sport Organisation en France (pour le Tour).

"Il n'y a pas de rachat de contrat, pas de mercato, Il n'y a pas non plus d'argent public ni de droit télé. Nous ne fonctionnons que grâce à des partenariats limités dans la durée" soutient Marc Madiot dont l'équipe a la chance de bénéficier du soutien indéfectible de son commanditaire, La Française des Jeux.

Frédéric Bergé