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Qui sont les journaux qui profitent le plus du fonds Google?

Google a versé plus de 30 millions d'euros aux sites de presse en ligne en deux ans.

Google a versé plus de 30 millions d'euros aux sites de presse en ligne en deux ans. - Kimihiro Hoschino - AFP

Le Fonds pour l'Innovation numérique dans la presse a publié son bilan depuis sa création. En deux ans, Google a déjà versé 32 millions d'euros à une quarantaine de titres. Mais certains tirent mieux leur épingle du jeu que d'autres.

Pour calmer la colère des médias qui accusaient le géant du web de gagner de l'argent sur leur dos, Google a créé en 2013 un fonds qui distribue des enveloppes à la presse en ligne. 60 millions d'euros sur trois ans, pour financer les "projets jugés innovants présentés par les éditeurs de sites de presse d'information", stipule le site de l'association. Cette dernière a publié cette semaine le bilan de son activité pour 2013 et 2014. 

On y apprend que le Fonds pour l'innovation numérique de la presse (FNIP), n'a pas distribué 20 millions d'euros par an (60 millions d'ici à la fin 2015) comme il s'y était engagé. Sur ses deux premières années d'exercice, il a versé 15,8 millions d'euros en 2013 (montant révisé à la baisse, après avoir annoncé 16,4 millions en 2013), et 16,1 millions en 2014. La structure, qui peut participer à 60% du financement au maximum, avec un plafond de 2 millions par projet, a financé 23 projets en 2013 et 30 en 2014. Depuis la création du fonds, 40 titres de presse ont bénéficié de ces dotations (Tableau en bas de l'article). Mais certains beaucoup plus que d'autres. Titre par titre, voici le top 10.

Les pure players ont particulièrement bien tiré parti de cette manne l'année passée. Le fonds Google a financé 7 projets déposés par ces sites d'information en ligne qui ne sont adossés ni à un journal papier, ni à une antenne de radio ou de télé, sont les bénéf la générosité du géant. Mais le plus connu d'entre eux, Mediapart, ne figure pas parmi les bénéficiaires. Vient ensuite la presse quotidienne régionale (5 dossiers), la presse quotidienne nationale (4 dossiers) à égalité avec les hebdomadaires non-généralistes (4 dossiers). La radio, les hebdos d'actualité, les mensuels et les gratuits ont chacun obtenu une subvention pour un seul projet, ainsi qu'une catégorie "autre", non-précisée.

La monétisation et les analyses de données lecteurs favorisées

Quid des types de projets sélectionné ? Si vous vous attendiez à voir ces fonds alloués à de l'investigation, des récits web utilisant des techniques originales, vous serez déçus. Les heureux élus sont principalement les propositions destinées à monétiser les contenus sur le web (7) ou à utiliser les datas pour analyser et optimiser l'audience (3). Par exemple, Le Figaro a touché 1,7 million d'euros pour mettre un point un système d'analyse des données de ses utilisateurs, et Sud Ouest 344.000 euros pour un outil d'exploitation des données géographiques de ses lecteurs.

Ceux qui décident quel projet obtiennent ces "bourses Google", et du montant de la cagnotte sont les administrateurs de l'association. Douze membre, dont trois travaillent ou ont travaillé pour l'entreprise américaine, quatre pour des titres ou groupes de presse (Les Echos, Le Figaro, Lagardère Active, Bayard). Deux autres président un syndicat de presse régionale. Y siègent également une business angel (Jaina Capital), un membre de l'INA, ou encore le fondateur d'une société spécialisée dans l'exploitation de datas. 

L'interview du directeur du FNIP, Ludovic Blecher, le 25 mars sur BFM Business

Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco