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LCI bientôt fixée sur son sort

La chaîne d'information de TF1 a défendu ses arguments devant le Conseil d'Etat

La chaîne d'information de TF1 a défendu ses arguments devant le Conseil d'Etat - Kenzo Tribouillard AFP

La chaîne d'information de TF1 a plaidé ce mardi 21 octobre contre la décision du CSA de refuser son passage sur la TNT gratuite.

LCI devrait bientôt être fixée sur son sort. Le Conseil d'Etat a écouté les arguments de la chaîne d'information de TF1 mardi 21 octobre. A l'issue de l'audience, le juge chargé de l'affaire, Denis Piveteau, a promis de rendre sa décision "très prochainement".

En pratique, cela devrait être d'ici le début de la semaine prochaine car, en général, moins d'une semaine sépare l'audience de la décision, dans les procédures en référé. 

Rappelons que LCI, actuellement diffusée sur la TNT payante, souhaite accéder à la TNT gratuite. Mais, le 29 juillet, le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) avait refusé cette demande.

LCI a contesté cette décision en déposant des recours devant le Conseil d'Etat à la fois au fond et en référé. Le conseiller d'Etat Denis Piveteau a indiqué mardi que le jugement au fond serait rendu "en 2015".

Eviter "la mort subite"

Dans cette affaire, se sont constitués comme intervenants le syndicat UNSA CFTC, et les deux chaînes d'information opposées au passage en clair: iTélé et BFMTV (à qui appartient ce site web).

Les patrons de TF1 et de BFMTV ont même fait le déplacement mardi, mais pas le président du CSA, Olivier Schrameck, qui participait à un sommet des régulateurs européens à Bruxelles.

Le PDG de TF1, Nonce Paolini, a assuré: "Le payant est un ghetto pour une chaîne d'information, un cul de sac, une impasse... La perspective de pertes importantes sur un marché sans avenir est insupportable. Le gratuit est un risque que nous voulons prendre. Bien entendu, nous allons faire des pertes, mais avec l'espoir d'un équilibre. Je choisis la chance de survie plutôt que la mort subite". Il ajouté qu'il "n'avait vraiment pas imaginé l'issue à laquelle le CSA nous a conduit". 

De son côté, le président de BFMTV, Alain Weill, a assuré "ne rien avoir contre LCI", mais vouloir "assurer la pérennité" de sa chaîne. Selon lui, "une éviction de BFMTV du marché ne sera pas un progrès pour le pluralisme". Alain Weill a qualifié TF1 de groupe "historique, compétent, mais dominant".

Le patron de TF1 critique les actionnaires du Monde

Précisément, LCI demande à la haute juridiction de suspendre la décision du gendarme de l'audiovisuel, et en outre de lui accorder une autorisation provisoire de passage au gratuit ou, à défaut, que le CSA réexamine sa demande dans un délai d'un mois.

Selon la loi, le juge peut accorder des mesures en référé si et seulement si deux conditions sont réunies en même temps: l'affaire est urgente, et un "doute sérieux" existe sur la légalité de la décision, sur le fond ou sur la forme.

Si ces deux conditions ne sont pas réunies, alors le recours de LCI sera rejeté, et le plan annoncé le 23 septembre devrait être appliqué. Ce plan prévoit de réduire à 5 heures par jour les programmes frais de LCI. Surtout, il prévoit 148 suppressions de postes: 58 à LCI, 81 à TF1 et 9 sur le site web.

A moins que ne soit étudiée une vente de LCI: les actionnaires du Monde, réunis dans la société Le Monde Libre, ont exprimé leur intérêt dans ce sens. Mais Nonce Paolini les a vivement critiqués mardi: "Je vis tous les jours avec les déclarations totalement irresponsables du Monde Libre - ou prétendu comme tel. Le Monde a deux plans sociaux en cours. Comment prétend-il reprendre LCI?"

Jamal Henni