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La Compagnie des Alpes veut profiter de l'engouement des Chinois pour le ski

A la tête de 11 domaines skiables en France, l'entreprise tente de prendre position dans l'un des marchés les plus prometteurs: la Chine. L'enjeu est aussi de faire venir les touristes chinois sur ses sites tricolores.

Pour ses 30 ans, la Compagnie des Alpes (CDA) atteint des sommets en matière de résultats avec un bénéfice record de 62 millions d'euros en hausse annuelle de 8% pour un chiffre d'affaires de 854 millions et 23,5 millions de visiteurs. L'occasion pour le groupe français, à la tête de 11 domaines skiables (Tignes, La Plagne, Val d'Isère...) et de 12 destinations de loisirs (Parc Astérix, Futuroscope...) de pousser ses pions hors de France.

Si le groupe va continuer à investir dans ses infrastructures, il constate que les possibilités d'extension en France sont désormais limitées. "Il faut se développer en Europe et ailleurs", souligne Dominique Marcel, patron de la CDA, qui était invité sur BFM Business dans l'émission "12h, L'Heure H".

"Pourquoi? Parce que le marché du ski est relativement mâture, en France. Il n'y pas beaucoup de possibilités de se développer. Il faut trouver de bonnes opportunités. Je pense que plus nous serons un groupe constitué d'un nombre important de stations, plus nous aurons une force de frappe pour trouver des clients, pour aller chercher des clients notamment à l'heure du digital. (...) La connaissance client est pour nous essentielle. (...) Pour mieux anticiper leurs besoins". Et de poursuivre: "plus vous avez une taille critique, plus vous êtes fort pour conquérir de nouveaux clients, pour fidéliser", détaille-t-il.

Deux projets en Chine

La Compagnie des Alpes entend donc poursuivre ses investissements en Europe mais surtout accélérer en Chine. Le groupe avait bien tenté de faire entrer le chinois Fosun dans son capital mais le projet a capoté et est définitivement enterré. Désormais, il s'agit de renforcer "un partenariat pragmatique" avec ce groupe, assure Dominique Marcel. "Nous avons avec eux des projets en Chine: stations de ski, snow dome... Différents sujets que nous allons construire ensemble. Je pense que le pragmatisme avec les Chinois est une bonne chose". 

"Les Chinois apprennent, on n'est pas tout seul. On participe à la création, à la confection des domaines skiables, à faire en sorte que ces stations soient les plus attractives possibles. Il y a quand même une population qui est énorme et c'est en effet à la mode (le ski, NDLR). Et il y a les Jeux Olympiques d'hiver à Pékin en 2022. Donc il y a tout pour développer cette industrie du ski. Le ski en Chine ne sera jamais le ski aux 3 Vallées ou à Val d'Isère. La configuration, le relief ne s'y prête pas. En revanche, il y a des Chinois qui apprennent à faire du ski. On va les y aider et ils viendront certainement sur nos terres alpines. Parce que sinon, ils viendront ailleurs. Il faut bien s'occuper de ce marché". 

Olivier Chicheportiche