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L'immense pied de nez du PSG à Michel Platini

Le président du PSG Nasser Al-Khelaifi (ici avec Leonardo, le directeur sportif), a trouvé la parade face au fair-play financier de Michel Platini.

Le président du PSG Nasser Al-Khelaifi (ici avec Leonardo, le directeur sportif), a trouvé la parade face au fair-play financier de Michel Platini. - -

La Qatar National Bank, dont le propriétaire est le même que celui du PSG, devrait devenir le nouveau sponsor du club, pour environ 100 millions d'euros par an. Une manière d'échapper aux règles du Fair Play financier, mis en place par Michel Platini, le président de l'UEFA.

Michel Platini "a dit qu'il fallait être créatif. (...) Nous avons des idées", avait malicieusement glissé Nasser El Khelaifi, le président du PSG, en réponse aux attaques du président de l’UEFA. Ce dernier avait déclaré : "Nous ne reviendrons jamais en arrière (sur le fair play financier), PSG ou pas PSG". Pour rappel, cette disposition va imposer –on ne sait pas encore à quelle date- aux clubs de football l’équilibre budgétaire, tout en interdisant à des investisseurs de remettre au pot chaque année. En clair, les revenus devront être égaux ou supérieurs aux recettes.

Gonfler les recettes de sponsoring pour contourner les règles

Les propriétaires qataris ont donc calmement contourné les règles établies. Puisque les sponsors font partie intégrante des revenus du club, il faut les augmenter de manière significative. La Qatar National Bank (QNB) est l’investisseur rêvé. L’établissement financier devrait ainsi apporter environ 100 millions d’euros par an au club, soit le déficit moyen du club sur une saison. A titre de comparaison, le sponsor actuel, la compagnie Fly Emirates, verse la somme de 3,5 millions par an. En résumé, les pétrodollars du prince du Qatar, propriétaire du PSG, seront donc remplacés par les pétrodollars du prince du Qatar, propriétaire de la QNB. La ficelle est énorme, mais d’une logique redoutable.

L'UEFA dans l'impasse

D’autant que l’UEFA, qui doit encore valider cet accord de sponsoring, aura beaucoup de mal à trouver dans son règlement une disposition l’interdisant. Le seul obstacle pourrait être le comité de contrôle financier des clubs qui, dans le cadre du fair-play financier, s’attache à ce que le montant versé par le sponsor soit cohérent avec la valeur du marché. Ce qui est loin d’être le cas ici. Le plus gros contrat de sponsoring est actuellement celui du Barça, avec 30 millions d’euros versés chaque année par…la Fondation du Qatar.
Mais même si elle lui refuse l’accord, l’institution européenne se trouve dans l’impasse, tant les options sont multiples pour les propriétaires du club francilien. La QNB pourrait ainsi devenir en complément le sponsor des maillots d’entraînement, ou encore accoler son nom au Parc des Princes dans une opération dite de naming. Cette option, déjà choisie du côté de Marseille et Lyon, entre autres, est d’ailleurs déjà envisagée. Michel Platini voulait que les dirigeants parisiens revoient leur copie, il se pourrait bien que ce soit finalement l’inverse.

Yann Duvert