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Michel Platini peut-il stopper la folie dépensière du PSG?

Les dirigeants du Paris Saint Germain entourent le brésilien Thiago Silva, recruté 45 millions d'euros.

Les dirigeants du Paris Saint Germain entourent le brésilien Thiago Silva, recruté 45 millions d'euros. - -

Michel Platini, qui lutte pour assainir les comptes des clubs européens, n'apprécie pas l'attitude du club parisien. Reste à savoir s'il possède les moyens pour lui mettre la pression.

"Nous ne reviendrons jamais en arrière, PSG ou pas PSG", a martelé ce vendredi 31 août Michel Platini à Monaco, en marge de la Supercoupe d’Europe de football. Le président de l’Union des associations européennes de football (UEFA) a ainsi voulu se montrer ferme à propos du fair-play financier, censé imposer une discipline budgétaire aux clubs.

Le fair-play financier: ne pas dépenser plus que ce que l'on gagne

Selon lui, la folie dépensière des dirigeants parisiens va à l’encontre du principe même de cette disposition. En effet, cette dernière autorisera, à terme, un déficit de "seulement" cinq millions d’euros sur trois ans aux clubs de football européens. A titre de comparaison, celui du PSG atteignait 100 millions d’euros pour la saison 2011-2012. Les sanctions sont pourtant à la hauteur du projet: les clubs récalcitrants pourraient se voir exclure des compétitions européennes, dont la prestigieuse et lucrative Ligue des Champions.
Et les règles sont claires: les clubs n’auront plus le droit de dépenser plus que ce qu’ils gagnent. Les pétrodollars des actionnaires parisiens ne pourront donc plus venir renflouer les caisses. Leur masse salariale ne devra plus dépasser 70% de leur budget, et leur dette ne devra pas être supérieure à leur chiffre d'affaires. Tout cela sous la surveillance étroite de l’UEFA, qui a établi des critères précis (voir ci-contre). Sachant que le recrutement du PSG cette saison s’élève déjà à 139 millions d’euros, pour des recettes d'environ 35 millions, on peut aisément comprendre que les dirigeants n’ont pas vraiment assimilé le concept du fair-play financier.

Un projet ambitieux mais avec des failles

A cela, il y a peut-être une raison. Les contrôles, qui évalueront tous les ans les comptes des trois années précédentes, ne débuteront qu’en 2013. Mais l’UEFA s’est voulue progressive dans la mise en place du projet. Ainsi, en 2013 et 2014, le déficit autorisé pour les clubs sera de 45 millions d’euros. De 2015 à 2018, il sera de 30 millions. Et l’on ignore encore quand l’objectif des cinq millions sera atteint. Les dirigeants du PSG ont pu simplement vouloir "mettre le paquet" avant de calmer un peu le jeu et d’atteindre les fameux 45 millions de déficit.
Autre motif d’optimisme pour eux, la possibilité d’échapper à la règle s’ils construisent un nouveau stade, car les investissements de ce type sont tolérés par l’instance européenne. Dernière option, créer une société satellite qui deviendrait un sponsor très généreux du club, faisant entrer l’argent des actionnaires par un circuit parallèle et autorisé.
Le projet de Michel Platini est donc certes ambitieux, mais reste fragile face aux puissances financières en place dans le monde du football.

Le titre de l'encadré ici

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Les quatre critères de l'UEFA pour évaluer les clubs

Tous les clubs européens auront l'obligation de:

-Pouvoir poursuivre son activité

-Ne pas avoir de fonds propres négatifs

-Respecter l’équilibre financier

-Ne pas avoir de dette envers un tiers (clubs, joueurs, fisc)

Yann Duvert