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France Télévisions: les candidats à la présidence sortent du bois

La liste des candidats potentiels tutoie les 30 noms

La liste des candidats potentiels tutoie les 30 noms - Jean Ayissi AFP

Plusieurs candidatures ont déjà été déposées avant la date butoir de jeudi 26 mars. La favorite du moment est Delphine Ernotte (patronne d'Orange France), qui tâte le terrain. Mais de nouveaux noms circulent...

La course à la présidence de France Télévisions rentre dans la dernière ligne droite. Les candidats ont jusqu'à jeudi 26 mars à 17 heures pour déposer leur candidature auprès du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel). D'ores et déjà, le gendarme de l'audiovisuel a reçu de premiers dossiers. Mais il a décidé de garder secret le nom des candidats. Seul sera connu le nom de l'heureux élu, qui sera dévoilé entre le 22 avril et le 22 mai.

Robin Leproux candidat?

D'ici là, la liste des candidats potentiels s'allonge de jour en jour pour atteindre désormais une trentaine de noms. Dernier en date: Robin Leproux, qui vient de quitter la tête de la régie de M6 et préparerait sa candidature (contacté, l'intéressé n'a pas répondu).

Axel Duroux décline

Le gendarme de l'audiovisuel aurait même tenté de suscité des candidatures en tâtant le terrain auprès de dirigeants du secteur. Selon des sources concordantes, le CSA a ainsi approché Axel Duroux, ancien patron de RTL et aujourd'hui vice-président exécutif de Publicis. Mais l'intéressé (qui ne commente pas) a répondu ne pas vouloir du poste.

Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, a aussi fait savoir qu'il n'était pas candidat (l'intéressé ne commente pas non plus). 

Le gendarme de l'audiovisuel avait procédé de même pour la présidence de Radio France, incitant des personnalités à se porter candidates.. pour finalement choisir quelqu'un d'autre -Mathieu Gallet en l'occurrence.

Les favoris du moment

En attendant, les deux seuls candidats déclarés à la présidence de France Télévisions sont Alexandre Michelin (MSN) et Serge Cimino (élu SNJ de France Télévisions).

Mais, régulièrement, le microcosme assure que le CSA a trouvé sa perle rare. Il y a un mois, le favori était Denis Olivennes (président du directoire de Lagardère Active), qui a dû fermement démentir.

Et, depuis quelques semaines, la favorite est désormais Delphine Ernotte, directrice générale adjointe d'Orange, qui a l'avantage supplémentaire d'être une femme. Interrogée, l'intéressée se refuse à tout commentaire. Mais, à en croire son agenda, elle songe bel et bien à postuler: elle a déjà rencontré le président du CSA Olivier Schrameck, et la conseillère chargée des chaînes publiques Sylvie Pierre-Brossolette, ainsi que plusieurs experts de l'audiovisuel. Toutefois, certains syndicats s'inquiètent de son rôle dans la crise des suicides chez Orange (cf. ci-dessous). 

Reste qu'au CSA, on assure ne pas avoir encore trouvé la perle rare: "aucun nom ne se détache pour l'instant". Interrogé, la porte-parole du gendarme de l'audiovisuel s'est refusée à tout commentaire.

La CGC s'inquiète du passé de Delphine Ernotte

La semaine dernière, le blog de la CGC a publié un article s'inquiétant du rôle tenu par Delphine Ernotte dans la crise des suicides chez Orange. En effet, notre centralienne, de 2006 à 2009, rapportait directement à Louis-Pierre Wenes, qui était alors le patron d'Orange France. Cet autre centralien l'avait repérée et promue comme directrice de la communication commerciale et du sponsoring pour la France, puis directrice commerciale pour la France.
Or Louis-Pierre Wenes a laissé un souvenir funeste. C'est sous son magistère que les cadres ont été financièrement incités à réduire leurs effectifs en poussant les salariés au départ... Politique qui conduira à la crise des suicides. Finalement, Louis-Pierre Wenes sera limogé en 2009, puis mis en examen en 2012 pour "harcèlement moral". Interrogée sur son rôle, Delphine Ernotte n'a pas souhaité faire de commentaires.

Jamal Henni