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Foot biélorusse et poker en ligne... Comment les sites de paris sportifs s'adaptent à la crise

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Faute de compétitions, les sites de paris sportifs peuvent compter sur le bond des parties de poker en ligne ou sur le seul championnat qui n'a pas encore été arrêté. Ceux qui n'en proposent pas voient leur activité réduite à zéro.

L'impression est un peu étrange. Sur les sites de paris sportifs, qui proposent généralement de miser sur les matchs de Ligue des Champions, les joueurs en ligne doivent désormais choisir le vainqueur entre Gorodeya et Shakhtyor Soligorsk, ou encore entre Torpedo Zhodino et Belshina Bobruisk… Faute de compétition dans les pays européens ou de l'autre côté de l'Atlantique, il faut donc se rabattre sur le championnat de football biélorusse, le seul qui continue à jouer. "A part ça, c'est vide" résume Tristan Guiglini, directeur des paris sportifs de Winamax.

L'arrêt forcé de toutes les compétitions de football, rugby ou basketball est forcément complexe pour Winamax, Unibet ou encore Betclic qui représentent les plus gros acteurs de ce marché très lucratif. En 2019, le produit brut des paris sportifs en ligne représentait 62% du total du produit brut des jeux en ligne (soit 868 millions d'euros sur 1,4 milliard) selon l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel).

Et pourtant, le football biélorusse ne se débrouille pas si mal. "On fait quasiment des volumes de paris comme ceux de la Ligue 2 voire la Ligue 1 (championnat de France)" indique Tristan Guiglini. "Mais il y a très peu de matchs. Jeudi, il n'y avait aucun match donc aucune mise. Vendredi, deux matchs, ce qui représentait de 5 à 10% des mises habituelles pour un vendredi." Autant dire, pas grand-chose.

Le PMU au chômage technique

Et cela concerne aussi les courses hippiques. Mardi dernier, le PMU a ainsi mis 95% de ses 1.250 salariés au chômage partiel. "Nous mettrons tout en œuvre pour retrouver notre dynamisme dès que cela sera possible", affirme Cyril Linette, son directeur général, dans un communiqué. Malgré sa diversification, les courses hippiques représentent toujours 85% des enjeux, qui s'élevaient à 7,6 milliards d'euros l'an dernier. Pour le groupe, la crise est un vrai coup dur, d'autant plus que la croissance semblait repartir de l'avant en 2019.

Pour les acteurs plus récents, le poker a heureusement pris le relais. "Chez nous, le poker compense en grande partie la baisse d'activité sur le pari sportif" explique Tristan Guiglini. Très apprécié des joueurs confinés, le jeu de carte explose. Le nombre de parties a ainsi doublé chez Winamax et les serveurs, saturés, ont même fini par lâcher à deux reprises.

"En réalité, ça ne compense pas totalement les paris sportifs mais ça diminue largement l'impact" détaille Tristan Guiglini. "La baisse au global est limitée et peut être totalement assumée par l'entreprise." Tous n'ont pas cette chance.

Une chose est sûre, le poker va assurer l'intérim pendant le confinement mais, généralement, le mois de mars signe la fin de la saison du poker en ligne à l'approche des beaux jours. Si les compétitions ne reprennent pas rapidement, le secteur risque de souffrir.

Thomas Leroy