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Fiac: comment bien investir dans les œuvres d'art ?

Du 24 au 27 octobre, le Grand Palais accueille les oeuvres d'artistes contemporains, ici celle du scuplteur Nigel Hall  en 2012.

Du 24 au 27 octobre, le Grand Palais accueille les oeuvres d'artistes contemporains, ici celle du scuplteur Nigel Hall en 2012. - -

Le monde de l'art contemporain se donne rendez-vous dès jeudi 24 octobre, pour la quarantième édition de la Fiac. Si beaucoup d'amateurs vont se déplacer pour le coup d'œil, c'est aussi un lieu de négoce où il faut connaître quelques pistes pour réaliser de bons investissements.

Comme l'année passée, la Foire d'internationale d'art contemporain (Fiac) - dont BFMBusiness est partenaire- s'installe dans la nef du Grand Palais, à Paris. Du 24 au 27 octobre, 184 galeries provenant de 25 pays vont exposer les œuvres des artistes les plus prometteurs.

Si parmi les 75.000 visiteurs attendus, beaucoup viendront pour le seul plaisir des yeux, d'autres, moins nombreux ou plus fortunés, se déplaceront dans l'intention d'acheter.

"Les foires, c'est le pouls de l'art contemporain. Pour un collectionneur, c'est important d'être présent sur ces évènements car ils n'ont plus le temps de visiter les galeries, ils sont souvent chefs d'entreprises. Et même pour les plus petits collectionneurs, c'est une occasion unique d'avoir une vision plus large du marché", explique Arnaud Dubois, responsable des placements en art moderne et contemporain à l'Institut du Patrimoine, sur BFMbusiness.

Mais peut-on faire de bonnes affaires lors de la Fiac ? Pour ce spécialiste, c'est tout à fait réalisable, si l'on est vigilant sur certains critères. "Quand on parle de placement, le point de départ, c'est le prix auquel on achète. Mon métier consiste à acheter le moins cher possible des artistes émergents ou plus reconnus, mais dont le prix de leurs œuvres est ascendant", détaille Arnaud Dubois.

Viser les séries encore peu valorisées

Pour cela, il faut donc être en mesure de distinguer au milieu des artistes exposés, ceux qui prendront de la valeur au fil des ans. Il faut donc surveiller l'intérêt des institutions culturelles et des galeries pour le travail de ces artistes.

La présence dans des foires d'art, en leur offrant une visibilité, peut contribuer à l'envol de leur cote. "Mais il faut regarder s'ils vont faire d'autres expositions. Il faut également regarder les résultats des ventes publiques et dans les galeries", poursuit Arnaud Dubois.

Et pour ceux qui n'ont pas la patience ou le flair d'investir sur des artistes en devenir, il est toujours possible de faire affaire avec des artistes reconnus. "Il faut miser sur les séries qui sont encore peu valorisées. On peut par exemple acheter pour 100.000 euros un "outrenoir" de Pierre Soulages.

C'est un artiste très connu, un musée va être construit à Rodez, une rétrospective monumentale a eu lieu au musée Pompidou. Les œuvres exposées dataient notamment des années 80-90-2000. Or celles-ci sont largement sous valorisées avec des prix à 100.000 euros, 200.000 et 300.000 euros. Rien à voir avec les œuvres des années 50 qui sont à 5 ou 6 millions d'euros ", conseille Arnaud Dubois.

Des achats plaisirs

Reste qu'investir ne serait-ce que 100.000 euros n'est pas à la portée de tous. D'un point de vue purement patrimonial, mieux vaut tabler sur un investissement minimal de 10.000 à 15.000 euros qui pourra être sécurisé.

En deçà de cette somme, il faut prendre des risques plus grands en misant sur des artistes en tout début de carrière. " il est difficile de dire si une œuvre achetée 1.000 euros vaudra 10 fois plus dans quelques années", explique Arnaud Dubois. Dans ce cas, il vaut mieux avoir à l'esprit que cela est "avant tout un achat de plaisir".

>> Jennifer Flay, directrice artistique de la FIAC, était l'invité de BFM Business le 21 octobre. Regardez l'émission en replay. 

Coralie Cathelinais